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Un mini-CLSC mixte qui abrite à la fois des ressources du système public et d'autres payées par la Fondation Chagnon (FC). Voilà ce qu'on retrouve dans un édifice du Centre-Sud de Montréal. Et l'intégration privé-public pourrait s'y intensifier sous peu.
Clairandrée Cauchy
Édition du samedi 23 et du dimanche 24 mai 2009
http://www.ledevoir.com/2009/05/23/251831.html
Le PPP social a une adresse: 2187, rue Larivière, dans le quartier Centre-Sud de Montréal, propriété de la Fondation Chagnon. Un organisme à but non lucratif au statut un peu spécial y loge: le Centre premier berceau, dont le conseil d'administration est formé de représentants de la Fondation Chagnon et de hauts fonctionnaires du gouvernement.
Avec son budget de fonctionnement de près de deux millions de dollars par année, dont un million provient de la FC et l'autre de Québec, le centre offre des services de psychothérapie et d'accompagnement à une centaine de jeunes femmes (et leurs conjoints) en attente d'un premier enfant et ayant vécu des traumatismes par le passé. Les clientes du centre sont principalement référées par le milieu de la santé, explique le vice-président de la FC, Jean-Marc Chouinard, qui préside également le conseil d'administration d'Autonomie jeunes familles, l'organisme chapeautant le Centre premier berceau.
Si déjà le partenariat public-philanthropique apparaît organique, le maillage va plus loin. Le Centre de la santé et des services sociaux (CSSS) Jeanne-Mance a installé, il y a quelques mois, sa petite équipe de cinq sages-femmes, dont une est payée par le Centre premier berceau, au 2187 Larivière. Quelques personnes-ressources de l'équipe en périnatalité y travaillent également (infirmières, travailleuses sociales, orthophoniste).
Un développement commandité
Or voilà maintenant que le CSSS Jeanne-Mance ambitionne de déménager une équipe complète en périnatalité (une trentaine de personnes) au site Larivière et d'y aménager une maison des naissances en bonne et due forme. Et on demande à la FC d'assumer le coût des travaux. «C'est notre rêve! Est-ce que la Fondation Chagnon sera intéressée à nous construire une maison des naissances et un centre en périnatalité? Chacun réfléchit de son côté», explique Mireille Lalande, directrice des services enfance famille au CSSS.
La perspective d'un rapprochement encore plus important chicote certains intervenants du CSSS, qui ont préféré ne pas témoigner ouvertement. Ils voient dans le Centre premier berceau une sorte de «mini-CLSC privé». Mireille Lalande reconnaît que l'organisme «s'inspire des programmes de santé publique du réseau». «De toute façon, ils sont là. Nous sommes aussi bien de travailler ensemble plutôt qu'en compétition», résume Mme Lalande.
«C'est un projet d'expérimentation, explique M. Chouinard. On voulait voir si l'intervention précoce auprès des enfants et des parents aurait des effets, comme élément de lutte contre la marginalisation.»
«On va tester, on apprend et, éventuellement, il y aura un transfert d'expertise. Cela modifiera peut-être certaines démarches dans les centres de santé et de services sociaux», ajoute-t-il.
Interrogée sur ce qui différencie les services du Centre premier berceau de ceux du CLSC, Mme Lalande multiplie les nuances. «Leur démarche clinique est différente et elle se limite à une première grossesse, lorsque la cliente a subi un traumatisme antérieur. On ne fait pas de psychothérapie. On a une démarche plus systémique que psychanalytique. Et ils peuvent choisir leurs clients, ce que je ne peux pas faire.»
Jean-Marc Chouinard écarte lui aussi les critiques de dédoublements. «À l'origine, cette perception était un enjeu. Ce qu'on entend maintenant de la part du milieu de la santé, c'est que le centre fait ce qu'ils auraient rêvé de faire.»
Suivi périnatal et DPJ sous un même toit
Les relations entre la FC et les services publics dans l'édifice du Centre-Sud pourraient être encore plus tissées serré. Le Centre jeunesse de Montréal projette d'y ouvrir une pouponnière pour accueillir six bébés de moins de six mois dont la mère fait l'objet d'une évaluation par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) pour maltraitance. «Pendant l'évaluation, ils seraient placés chez Premier berceau, où des personnes-ressources s'occuperaient de l'hébergement 24 heures sur 24 et où les parents pourraient venir. Cela évite de couper le lien d'attachement entre la mère et l'enfant, et le centre peut travailler au développement des habiletés parentales», explique Francine Paquette, coordonnatrice du centre d'expertise sur la maltraitance du Centre jeunesse de Montréal.
Le projet de pouponnière, tout comme le projet de centre en périnatalité, est pris en délibéré par la FC, qui entend statuer cet automne sur l'avenir du Centre premier berceau, dont l'entente de financement avec Québec arrive à échéance en 2010.
Si tous ces développements voient le jour, on pourrait donc retrouver sous un même toit l'équipe en périnatalité du CSSS, des sages-femmes, l'organisme à but non lucratif pour les mères enceintes et des services de la DPJ. N'y a-t-il pas là un danger d'effrayer des parents susceptibles de craindre un signalement à la DPJ? «C'est un risque, reconnaît Mme Paquette. Mais, parfois, on anticipe des craintes qui ne deviennent pas une réalité.»
Jean-Marc Chouinard, lui, parle du projet comme d'un «beau potentiel de partenariat» et range la réflexion sur ces craintes dans la liste des «devoirs à faire».
La dictature de la charité?
Une fondation privée peut-elle imposer ses choix au gouvernement?
Le PPP social, ou partenariat public-philanthropique, a le vent dans les voiles. L'injection d'argent frais pour le développement des jeunes ou la persévérance scolaire passe de plus en plus par la création de fonds gérés de façon paritaire par le gouvernement et la Fondation Lucie et André Chagnon: plus de 1 milliard de dollars sur 10 ans. Des critiques commencent à s'élever contre ce nouveau modèle de gouvernance.
Clairandrée Cauchy
Édition du samedi 23 et du dimanche 24 mai 2009
http://www.ledevoir.com/2009/05/23/251834.html?fe=6916&fp=94452&fr=149848
Le siège social de la Fondation Lucie et André Chagnon est situé au coin des rues McGill College et Sherbrooke, à Montréal, quelques étages au-dessus des bureaux du premier ministre du Québec. Simple hasard? Probablement. Mais l'influence de cette fondation sur le gouvernement de Jean Charest est incontestable. Depuis deux ans, des partenariats pour un montant total de 1,1 milliard ont été conclus (une moitié provenant de la Fondation et l'autre du gouvernement), dont 600 millions depuis quelques mois.
Accueilli comme un apport d'argent frais par plusieurs, le modèle en fait néanmoins sourciller d'autres, qui craignent de voir l'État abdiquer ses responsabilités dans le champ social.
L'argent public est-il mieux dépensé ainsi? Est-ce que le gouvernement se laisse dicter ses politiques par un riche mécène? Qu'arrivera-t-il lorsque les priorités de l'organisme de charité changeront ou lorsque les partenariats arriveront à échéance dans 10 ans? Voilà autant de questions qui affleurent aux lèvres de plusieurs intervenants oeuvrant auprès des jeunes, tant dans le communautaire que dans le réseau public.
Influente, la Fondation Chagnon (FC) n'en est pas moins discrète. Elle a d'ailleurs récemment refusé de se présenter en commission parlementaire alors que les députés étudiaient le projet de loi 7 créant le Fonds de développement des jeunes enfants dans lequel le gouvernement investirait 150 millions sur 10 ans et la Fondation, 250 millions. «Le projet de loi appartient au gouvernement. On est soit trop près, soit trop loin. On s'est dit que le projet serait évalué au mérite par les parlementaires», explique, un peu embarassé, le vice-président de la FC, Jean-Marc Chouinard.
Discrète, la FC l'est aussi dans ses actions. Des partenaires ont expliqué au Devoir être tenus par une entente de confidentialité de ne pas dévoiler les montants de certaines subventions obtenues.
Trois projets dans l'air
Quoi qu'il en soit, trois nouveaux partenariats entre les Chagnon et le gouvernement sont en train de se concrétiser ce printemps: un pour les jeunes enfants pauvres, un pour la persévérance scolaire et un autre pour les aidants naturels des aînés (avec la fiducie familiale SojecciII). Ces trois initiatives s'ajoutent au Fonds pour le développement de saines habitudes de vie, en vigueur depuis 2007.
Le modus operandi est sensiblement le même. Les trois quarts des fonds vont dans les communautés locales, tandis que l'autre quart sert à des campagnes nationales. Le modèle d'intervention préconisé repose sur la mobilisation des intervenants d'une communauté, sur le recours aux meilleures pratiques telles que documentées par des recherches et sur l'évaluation des résultats.
L'approche rappelle celle d'une recherche scientifique ou d'une entreprise privée en quête de résultats. «L'idée n'est pas de faire comme un programme gouvernemental qui devient un service à la population. On veut plutôt donner un soutien aux communautés pour qu'elles s'outillent, deviennent plus compétentes et prennent leur destin en main. [...] On travaille dans une perspective d'autodisparition», explique la directrice des opérations du développement des enfants et des communautés à la FC, Sophie Harnois, rappelant que tous les partenariats ont une durée de vie limitée (d'un maximum de 10 ans).
Des critiques
Avec ses structures de partenariats qui gèrent des fonds publics, ses agents de développement locaux et ses méthodes d'intervention, la FC se distingue des fondations qui se contentent de verser de l'argent lorsqu'un projet cadre avec leurs objectifs.
La recette Chagnon est accueillie froidement dans certains milieux. Souvent chuchotée, parce que l'argent est quand même le bienvenu, la critique est néanmoins bien présente.
«C'est une approche d'experts, le nouveau modèle de gestion par cible, hautement scientifique. [...] Des gens qui ont beaucoup d'argent et des idées décident de ce qui est bien pour les pauvres. On ne demande pas à la population pauvre du quartier Jean-Dallaire de quoi ils ont besoin», dénonce Vincent Greason de la Table ronde des organismes volontaires d'éducation populaire de l'Outaouais. Depuis un peu plus d'un an, M. Greason tient un blogue -- Observatoire Fondation Chagnon -- pour mieux faire connaître les faits et gestes de la discrète fondation.
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) vient pour sa part tout juste de décider d'organiser un événement public cet automne sur les PPP sociaux. Le président de la centrale, Réjean Parent, s'indigne de voir les «missions de l'État cédées à un conseil d'administration fantoche, dont la moitié est composée de la Fondation Chagnon». S'il salue la charité ordinaire, il considère que lorsqu'on veut orienter les politiques publiques, «on n'a qu'à se faire élire».
«À ce compte, j'appréciais plus les fondations des communautés religieuses: elles faisaient acte de charité sans commander les orientations de l'État», lance le syndicaliste dont les membres sont très présents dans le réseau de l'éducation. Par exemple, il estime que les sommes pour le développement des jeunes enfants auraient été mieux dépensées dans l'ouverture systématique de classes de prématernelle pour les enfants de quatre ans.
Michel Parazelli, professeur de travail social à l'Université du Québec à Montréal, dénonce pour sa part le peu d'importance accordée par les intervenants qui gravitent autour de la FC aux conditions de vie des familles. L'insistance à travailler sur le développement des compétences parentales et le développement psychomoteur des enfants fait fi des problèmes réels de pauvreté au profit d'une vision déterministe, souligne-t-il.
Lors de la commission parlementaire sur le projet de loi 7 en avril, la plupart des groupes entendus ont d'ailleurs émis de sérieuses réserves sur ce nouveau mode de gouvernance. Parmi les quelques mémoires lui étant franchement favorables, on retrouve notamment la Direction de la santé publique de Montréal, qui mène par ailleurs conjointement avec la FC une réflexion sur la maturité scolaire des enfants.
Le directeur de la santé publique de Montréal, Richard Lessard, considère comme une «excellente nouvelle» l'investissement en prévention, habituellement le parent pauvre des discours du budget. Il reconnaît néanmoins que tant les organismes communautaires que les réseaux publics sont à la recherche de financement pour leurs programmes. «Cet argent ne va pas pour consolider les programmes actuels, mais pour faire autre chose, autrement. [...] J'aime mieux du concret que des promesses», explique M. Lessard, loin d'être convaincu que les sommes ainsi versées par Québec auraient autrement été utilisées aux mêmes fins par les programmes gouvernementaux.
Les mêmes objectifs
Le ministre de la Famille, Tony Tomassi, réfute l'interprétation voulant que son gouvernement se laisse dicter ses priorités par des mécènes. «La mission de la Fondation Chagnon est identique à celle du gouvernement et du ministère de la Famille», affirme d'emblée le ministre, dont le projet de loi sur le développement d'un fonds pour les jeunes enfants devrait bientôt faire l'objet d'une étude détaillée par les parlementaires.
Il réfute les critiques voulant que l'État se déleste ainsi de ses responsabilités, soulignant que les objectifs du partenariat «cadrent de façon non équivoque avec la mission de l'État, soit de favoriser l'épanouissement des familles et le développement des enfants». Refuser l'aide de la Fondation Chagnon, ce serait «mettre de côté 25 millions par année pour les enfants», soutient M. Tomassi, qui attribue les critiques au caractère récent du mécénat dans la société québécoise.
Le vice-président de la FC, Jean-Marc Chouinard, est bien conscient du discours de ses détracteurs. «Nous marchons sur un fil de fer pour concilier la culture pratico-pratique sur le terrain et l'expertise. On essaie d'avoir un rôle de facilitateur entre ces deux façons de voir le monde.»
Quant au reproche voulant qu'on passe à côté de la racine du problème de la pauvreté, soit les revenus, les conditions de logement et l'alimentation, M. Chouinard réplique que «s'il y a un domaine où une fondation ne doit pas aller, c'est celui-là. S'il y a un rôle de l'État qui est clair, c'est celui-là».
À la recherche d'une orientation
La Fondation Lucie-et-André-Chagnon a été créée en 2000, lors de la vente de Vidéotron à Quebecor et à la Caisse de dépôt et de placement du Québec (CDPQ). Des 1,8 milliard de dollars ainsi obtenus par M. Chagnon, 1,4 ont été versés à sa fondation, ce qui en fait la plus grosse au Canada.
Clairandrée Cauchy
Édition du samedi 23 et du dimanche 24 mai 2009
http://www.ledevoir.com/2009/05/23/251826.html?fe=6916&fp=94452&fr=149843
Outre les déductions fiscales habituelles, André Chagnon a pu bénéficier d'une modification sur mesure ayant été apportée à la loi fédérale sur l'impôt en 2002, qui lui a permis d'économiser 180 millions supplémentaires.
Dès sa création, la fondation avait suscité des critiques. Certains soutenaient qu'il s'agissait en fait de fonds publics, puisque la CDPQ a payé le fort prix pour les actions de Vidéotron, avant l'éclatement de la bulle technologique.
Autre sujet de polémique: une des premières actions de la Fondation a été d'acheter les restaurants Le Commensal. On arguait alors que Le Commensal avait une mission de lutte contre la pauvreté, puisqu'on y employait des personnes en réinsertion sociale. On projetait d'ouvrir des succursales dans les hôpitaux et les écoles, ce qui s'est concrétisé seulement à l'Institut de cardiologie.
«Disons que Le Commensal ne fait pas partie des principales stratégies aujourd'hui», reconnaît Jean-Marc Chouinard, vice-président de la Fondation, en confirmant qu'elle détient toujours des actions de l'entreprise.
La Fondation avait aussi soutenu les travaux de recherche sur le cancer réalisés par un certain Gaston Naessens, un homme controversé qui a été accusé de pratique illégale de la médecine.
Plutôt orientée à ses débuts vers la prévention en santé, la nutrition et les médecines alternatives, la Fondation a progressivement effectué un virage vers le développement des jeunes enfants. Sa mission officielle est aujourd'hui de «contribuer au développement et à l'amélioration de la santé par la prévention de la pauvreté et de la maladie, en agissant principalement auprès des enfants et de leurs parents», et elle se donne pour cible de «contribuer à la réussite éducative des jeunes Québécois, en agissant de manière accentuée auprès de ceux qui vivent en situation de pauvreté».
Une cohabitation devenue difficile
La Fondation Lucie-et-André-Chagnon n'est plus la bienvenue
-->À Saint-Gabriel-de-Brandon, dans Lanaudière, la Fondation Lucie-et-André-Chagnon (FC) n'est plus la bienvenue. Plus aucun organisme ne veut être le fiduciaire de l'argent de Québec enfant.
Clairandrée Cauchy
Édition du samedi 23 et du dimanche 24 mai 2009
http://www.ledevoir.com/2009/05/23/251830.html?fe=6919&fp=94452&fr=149846
«On fait miroiter que ça va bonifier la mobilisation dans le milieu, que ça va être complémentaire de ce qui se fait déjà. Mais, dans les faits, ça gruge la mobilisation», fait valoir Manon Pagette, coordonnatrice de l'organisme Cible famille Brandon. Selon elle, pendant deux ans, Québec enfant est venu dédoubler ce que son organisme faisait déjà, soit des ateliers parent-enfant, en plus d'imposer un mécanisme de concertation qui draine beaucoup d'énergie.
La concertation, voilà la clé de l'approche de la FC. Lorsque Québec enfant ou Québec en forme, les deux principales créatures issues des partenariats entre la FC et le gouvernement, arrive dans une collectivité, on commence par instituer un comité d'action local (CAL), qui réunit les différents intervenants en lien avec les enfants -- tels les écoles, les municipalités, les centres de loisir, les organismes communautaires oeuvrant auprès des familles, ou encore le CLSC. Le CAL définit donc les besoins, liés aux objectifs du bailleur de fonds, puis un fiduciaire est choisi pour administrer ces fonds et mettre en oeuvre les projets.
Manon Pagette résume cela de façon plus crue: «Ils arrivent dans le milieu en disant: "Voici nos objectifs, nos cibles, vous embarquez ou pas?" Tu ne peux pas dire non, parce qu'ils entrent en plein dans notre champ d'action, dans notre mission. Mais tous les organismes communautaires que je connais dans Lanaudière ont déchanté.»
Mme Pagette, comme plusieurs intervenants de groupes communautaires à qui Le Devoir a parlé, en a contre la démarche proposée, qu'elle juge paternaliste plutôt qu'inspirée des besoins exprimés par les populations visées. On mise par exemple sur la stimulation précoce des enfants et le développement des compétences des parents, pour que ceux-ci puissent évaluer le développement moteur de leur enfant et leur apprentissage du langage. «Comment demander à un parent de diagnostiquer son enfant quand tout ce qu'il veut, c'est de manger? On pourrait commencer par soutenir les parents dans leurs propres besoins!», lance Mme Pagette.
Ce malaise est partagé par le Regroupement des organismes communautaires familles, qui s'est d'ailleurs opposé au projet de loi 7 en commission parlementaire ce printemps, projet qui ferait en sorte d'allouer quelque 40 millions par année à Québec enfant (15 millions provenant des fonds publics, 25 millions de la FC).
«On stigmatise les pauvres. On aborde les gens comme des facteurs de risque sur deux pattes, comme si la pauvreté était une maladie contagieuse qu'il faut guérir au plus vite. C'est la logique des virus et des microbes appliquée au social», illustre Carole Gélinas, du Regroupement des organismes communautaires familles de Montréal.
Prendre exemple sur Québec en forme
Les représentants de la FC reconnaissent que le programme Québec enfant a connu des ratés au cours des dernières années en raison d'une direction trop rigide. On promet que l'arrivée récente de l'ancienne directrice de Centraide, Lyse Brunet, à la tête de Québec enfant va permettre à l'organisme de vivre plus harmonieusement l'expansion qui s'annonce, avec l'adoption du projet de loi 7, qui consacrera 400 millions au développement des jeunes enfants sur 10 ans (dont les trois quarts à Québec enfant).
Dans sa croissance, Québec enfant devrait s'inspirer de Québec en forme, qui bénéficie de près de 40 millions par année (20 millions de fonds publics, 20 millions de la FC) depuis deux ans, insiste-t-on à la FC.
Le directeur de Québec en forme, Éric Myles, qui chapeaute une équipe de quelques dizaines d'agents de mobilisation, affirme avec fierté que des CAL sont maintenant actifs dans 100 collectivités. Il voit Québec en forme comme une sorte de «catalyseur ou facilitateur de la mobilisation» locale, un arbitre neutre qui permet à tous les intervenants de se concerter pour les jeunes, plutôt que de travailler chacun dans son coin «en silo». «On n'a rien à vendre, pas d'élection à gagner. On fait tous les efforts pour s'adapter aux réalités de chaque milieu», résume M. Myles.
Ainsi, pour être financé, un projet doit être porté par plusieurs partenaires. «La direction d'école qui navigue seule va trouver cela difficile», prévient M. Myles. On ne finance par ailleurs pas d'infrastructures, telle une aire de jeu, ou la mission de base d'un organisme (comme un centre de loisir).
Si Québec en forme apparaît effectivement moins critiqué que Québec enfant, des voix s'élèvent néanmoins pour remettre en question l'implantation des activités dans le milieu scolaire, surtout pendant les heures de classe. «Dans certaines écoles, la cohabitation est devenue difficile. Les professeurs d'éducation physique se plaignent de ne plus avoir accès aux gymnases quand ils en ont besoin», explique Claudia Cousin, vice-présidente du Syndicat de l'enseignement des Vieilles-Forges. Si les activités parascolaires de Québec en forme sont bienvenues, elle croit qu'il vaudrait mieux embaucher davantage d'enseignants d'éducation physique pour ce qui est des activités dans la grille-horaire.
blanchimant d image
La mafia jeunesse tente par tous les moyens de blanchir son image tout en étendant ses tentacules délétaires..!
Comme toujours, le Québec
Comme toujours, le Québec suivras les États-unis en matière de traffic d`enfants et de corruption bureaucratique... Vous pouvez toujours remercier le sénateur Ralph Mondale (CAPTA le monstre de 1974) qui s`est servi de tous les enfants nord-américains pour engraisser sa campagne électorale (qu`il a perdu, d`ailleurs) mais qui continue de détruire notre jeunesse aux profit de ces vieux profiteurs qui ne savent plus ou trouver de la relève... merci Bethov de dénoncer toute cette corruption, je sais que tu as ton propre agenda et j`ai le mien mais laisse moi te dire que dans ce sens là nos points de vue se rejoindrent. Ils ne faut jamais oublier que toute cette chiasse bureaucratique qu`est la DPJ et ses complices a été inventée aux États-Unis et c`est là et seulement là que le problème se réglera. J`ai des amis au Texas qui se chargent de régler cela....mais je n`en dirai pas un mot de plus, car le reste ne me regarde pas.