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Selon Serge Bisaillon, directeur du Centre jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec, les familles d'accueil ont toujours été représentées par une fédération, mais jusqu'à ce jour, celle-ci n'avait pas comme mission de faire des représentations syndicales.
C'est alors qu'à la mi-juillet, la CSD a été invitée à rencontrer des familles d'accueil. «Les gens nous demandaient de transmettre l'information que nous avions afin de leur permettre de faire un choix d'allégeance syndicale plus éclairé», a exprimé Serge Tremblay, trésorier national de la CSD.
Une campagne de recrutement s'est donc orchestrée. «En moins de deux semaines, nous avions obtenu une forte majorité d'adhésion», a informé ce dernier.
De son côté, même si elle n'était pas majoritaire, la Fédération a présenté sa demande de reconnaissance à la CRT, que la CSD (qui avait également déposé la sienne) a contesté devant les tribunaux puisqu'elle l'estimait non fondée juridiquement.
Entre-temps, la Fédération a conduit une entente de services avec le local 800 de la FTQ, si bien qu'un troisième joueur est arrivé dans la course.
À son tour, celui-ci a mené une campagne d'adhésion au Centre-du-Québec, au terme de laquelle il a déposé une requête avec une majorité de cartes de membres.
La cause qui se trouve présentement devant la Cour supérieure déterminera laquelle des instances syndicales sera finalement retenue.
Parmi les objets de négociation, soulignons le «per diem», qui constitue le montant d'argent attribué aux familles au quotidien. «Nous évaluerons de quelle façon va être considéré le panier de services», explique M. Bisaillon. Il sera notamment question de regarder la somme allouée aux vêtements, aux frais d'activités, à la fréquentation scolaire, etc.
Les congés et les mécanismes de règlement des litiges se retrouveront certainement à la table de négociation.
D'ailleurs, la responsable d'une famille d'accueil de Drummondville, Nathalie Turcotte, questionne comment elle gèrera la future convention collective dans son quotidien.
«Je voulais fonder une vraie famille. Je ne fais pas ça pour l'argent», a-t-elle exprimé.
Elle témoigne tout de même avoir reçu la visite entreprenante de diverses instances syndicales à son domicile, notamment durant l'heure des repas.
Ps:. À quand la syndicalisation des victimes parents et enfants M. le premier ministre?
Vers une première convention pour les familles d'accueil
Les intervenants en famille d'accueil, dont le travail est reconnu légalement depuis juin 2009, réclament de meilleures conditions de travail et un programme de formation dans le cadre de leurs premières négociations avec Québec. Il s'agirait de plus de 10,000 familles d'accueil et seront représenté par la Centrale des syndicats démocratiques (CSD).
Les responsables de familles d'accueil, dont le travail est reconnu légalement depuis juin 2009, négocient présentement leur première convention collective.
Pour le moment, ils ne bénéficient que du remboursement de leurs dépenses liées aux soins des enfants. Mais Denis Vigneault, négociateur pour la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), souhaite que ces responsables obtiennent maintenant des conditions de travail équivalant à des emplois analogues dans le réseau de la santé et des services sociaux, à titre de travailleurs autonomes employés par l'État.
La Centrale des syndicats démocratiques est la principale organisation représentant les quelque 10 000 familles d'accueil que compte le Québec.
Le syndicat espère aussi la création d'un programme provincial de formation des intervenants en familles d'accueil.
Puisque, comme l'explique la présidente de l'Association des familles d'accueil de Chaudière-Appalaches, Diane Thomas, les responsables doivent suivre le plan d'intervention établi par le centre jeunesse.
Mais certains centres jeunesse craignent que des éléments d'un éventuel contrat de travail soient en contradiction avec les normes habituelles. Comment, en effet, parler de retrait préventif ou de congé férié lorsqu'on doit s'occuper d'un enfant en difficulté chez soi? demande Sylvie-Chantal Corbeil, du Centre jeunesse de l'Estrie.
En raison de la complexité de toutes ces questions, on s'attend donc à ce que les négociations avec le gouvernement du Québec soient longues.
D'après un reportage de Marie-Hélène Rousseau