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La prison «université du crime» Patrick Turgeon

Jeunes contrevenants: réactions au projet du gouvernement conservateur

Le ministre de la Justice du Canada, Rob Nicholson, a annoncé, par voie de communiqué, l’intention de revenir à la charge avec son projet de loi concernant les jeunes contrevenants. Dans le Bas-Richelieu, on voit les choses autrement.

Pour un, le ministre de la Justice modifierait la façon dont les tribunaux du pays organisent les sentences. Son objectif serait de « renforcer la façon dont le système traite les jeunes contrevenants violents et récidivistes ». Il viserait les crimes graves tels que les meurtres et agressions sexuelles.

En effet, « le ministre propose d’exiger que les tribunaux envisagent d’imposer des peines applicables aux adultes à ceux (les jeunes) qui sont reconnus coupables de ces crimes ». De plus, il souhaiterait donner aux tribunaux « une plus grande discrétion » quant à la divulgation de l’identité des jeunes contrevenants au grand public.

Plus que des intentions

Diane Boulanger, criminologue à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) précise que, dans les grandes lignes, la plupart de ces « intentions » sont déjà en application. Des peines adultes peuvent être imposées aux jeunes contrevenants. Elles sont purgées dans des centres jeunesses jusqu’à concurrence de 21 ans. Le reste de la peine est purgée dans une prison pour adultes.

De plus, elle ajoute que les données personnelles des contrevenants sont connues, mais seulement par leurs victimes. « Les victimes ont accès aux informations concernant leur agresseur, comme leur lieu de résidence ».

Contraire aux valeurs québécoises

Le député Louis Plamondon, souligne que cette façon de faire est contraire aux valeurs du Québec. « Ici, nous préconisons la prévention et la réinsertion », précise-t-il. Dans un même souffle, il donne l’exemple de groupes tactiques, aux États-Unis, qui étudient l’échec du régime de punitions et de coercitions.

M. Plamondon insiste de plus sur le fait qu’on cite souvent le Québec en exemple par son taux de réussite de réinsertion des jeunes de 85%. « Nous sommes pris en exemple non seulement en Europe, mais aussi aux États-Unis ». Reprenant les propos de son chef décrivant les prisons comme étant des « universités du crime pour les adolescents de 14 ans », le député ajoute que « mettre quelqu’un en prison, c’est le laisser aller, surtout chez les jeunes. « Même en établissements pour les jeunes, c’est une expérience qui marque à vie et ce, peut-être pas dans le bon sens ».

En cas de crimes graves seulement

Réjean Bériault, candidat conservateur dans la circonscription, précise que ces mesures seraient prises en cas de crimes graves afin d’en dissuader d’autres de prendre le même chemin. M. Bériault réclame aussi le droit de connaître où sont ces jeunes délinquants en affirmant « que j’ai des enfants, j’ai le droit de savoir que ces gens sont dans le quartier, car je me soucis de la sécurité de ma famille ».

Une criminalité qui ne bouge pas

Dans la région, la criminalité juvénile (12 à 17 ans) est basse et a tendance à rester stable. C’est ce que révélait, en entrevue téléphonique, Luc Fortin, criminologue et chef de service à la délinquance au Centre jeunesse de la Montérégie.

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