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Mort inexpliquée d'une adolescente

Peu de détails entourent à l’heure actuelle le décès d’une adolescente de 15 ans, survenu dimanche au Centre jeunesse de Lévis.
Le corps inanimé de la jeune fille a été retrouvé peu après 10 h 30, a confirmé Alain Gelly, porte-parole pour le Service de police de la Ville de Lévis.
Agence QMI 
14/02/2011 10h07 - Mise à jour 14/02/2011
http://fr.canoe.ca/infos/societe/archives/2011/02/20110214-100711.html
«On parle d’un décès dont la cause est inconnue. Toutes les hypothèses sont envisageables. On parle d’une jeune fille qui s’était plainte de problèmes de santé», a avancé le policier.
Samedi soir, l'adolescente était revenue d'une sortie et elle aurait été malade par la suite.
La police de Lévis et le bureau du coroner ont ouvert une enquête.
Les premiers résultats d'autopsie ont simplement permis de conclure que le corps de la jeune fille ne portait aucune trace de violence.
Les résultats d'analyses plus poussées, comme les analyses toxicologiques, ne seront connus que dans quatre à six semaines.
Les jeunes et les membres du personnel du Centre jeunesse de Chaudière-Appalaches de Lévis, où habitait la victime, sont sous le choc.

Demande d'enquête publique par Me Bertrand

Mort de Rébecca Lévesque - Demande d'enquête publique
Me Jean-François Bertrand veut déposer une demande d'enquête publique sur la mort de Rébecca Lévesque.
© AGENCE QMI / JOURNAL DE QUÉBEC / STEVENS LEBLANC

QUÉBEC - Une demande d'enquête publique sur la mort de Rébecca Lévesque dans un centre jeunesse il y a un an devrait être déposée cette semaine.

«Mon objectif est de la déposer cette semaine», avance Jean-François Bertrand, avocat de Martin Lévesque, père de Rébecca.

Me Bertrand avait déjà annoncé l'automne dernier son intention de réclamer cette enquête. «Oui, il y a eu un délai, mais on attendait certains documents pour préparer la demande, se défend-t-il. Il y a tellement d'inconnus dans cette histoire; vous allez voir à la lecture du document que je vais déposer.» 

Cette demande d'enquête fait suite au rapport du coroner Luc Malouin déposé en septembre sur les circonstances de la mort de Rébecca. L'adolescente de 15 ans est décédée d'une infection du sang, alors qu'elle résidait au Centre jeunesse Chaudière-Appalaches. «Une jeune fille a perdu la vie. Des personnes à qui on a confié sa garde et ses soins n'ont pas agi alors qu'elles se devaient d'agir. (...) En aucun cas, ils ne devaient rien faire et laisser le temps passer en pensant que ce n'était pas grave comme on l'a fait ici», écrit le coroner Malouin. 

Inconsolable 

Me Bertrand a fait savoir que le père de Rébecca est encore trop émotif pour accorder une entrevue. «Il ne s'est pas remis de ça. Quand je lui parle, ça ne s'est pas amélioré, affirme l'avocat. C'est émotif beaucoup beaucoup. Je vois énormément de tristesse.» 

Une messe anniversaire a été célébrée dimanche, à l'église Notre-Dame, à Lévis, à la mémoire de la disparue. 

Son père et une cinquantaine de proches et amis y ont assisté. 

France Pouliot, une grande tante de Rébecca, a fait savoir que la mère de l'adolescente, Sandra Bissonnette, a toujours autant de questions sans réponse quant à la mort de sa fille. «Elle a beaucoup de peine. Elle ne comprend pas pourquoi ils n'ont rien fait au centre jeunesse, relate Mme Pouliot. Elle est la dernière à avoir vu Rébecca. Elle a avisé les intervenants que sa fille n'allait pas bien. Elle a voulu respecter les règlements.»

For english people

A Quebec coroner said a 15-year-old girl who died from a blood infection while staying at a youth centre might still be alive if staff had intervened more quickly.
http://www.cbc.ca/news/canada/montreal/story/2011/09/22/quebec-cononer-youth-centre-levesque.html
Rebecca Lévesque died of a blood infection in February while under child protection services at a centre for troubled youth in Lévis, near Quebec City.
Her family said staff should have known she was sick and should have taken her to the hospital. On Thursday Quebec coroner Luc Malouin completed his investigation into the death and said more could have been done.
Malouin said blood infections are treatable, and Lévesque might still be alive if staff had intervened.
"When they saw some serious problem, they must call Info-Santé or they must go to hospital," said Malouin.
"All the people who were working there are good people that work in good faith, but I think they misunderstood the seriousness of the illness," he said.
Lévesque was a troubled youth with behavioural problems who had run away from a youth centre eight times.
She had complained to staff about fever-like symptoms one evening and called a nurse at Info-Santé for advice. The nurse on the phone told her she should go to hospital within an hour if her symptoms didn't improve.
Staff kept her at the centre overnight, and by morning she was dead.
Lévesque's family has been pushing the government to hold a public inquiry into the case.
A lawyer for the family also said he intends to file a lawsuit on their behalf.

Rencontrer le Centre jeunesse à certaines conditions

Le père de Rébecca Lévesque fixe ses conditions pour rencontrer la direction du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches. L'établissement a offert une rencontre privée à la famille de Rébecca Lévesque qui a souhaité des éclaircissements sur les faits entourant le décès de l'adolescente.

Le père de Rébecca Lévesque, Martin Lévesque

Le père de Rébecca Lévesque, Martin Lévesque

le mercredi 5 octobre 2011

http://www.radio-canada.ca/regions/Quebec/2011/10/05/008-mort_rebecca-rencontre-centre_jeunesse.shtml

Dans une lettre signée par son avocat, le père de l'adolescente, Martin Lévesque, dit être prêt à rencontrer l'établissement, mais il souhaite avoir accès à l'ensemble des documents concernant ce dossier.

 

Il énumère notamment les documents transmis aux assureurs de même qu'au coroner et au service policier. Il veut aussi connaître le nom de tous les témoins des événements.

 

Martin Lévesque exige aussi que toutes les personnes visées soient présentes à la rencontre.

 

Le père de l'adolescente souligne au passage qu'il trouve déraisonnable le temps mis par la direction pour faire le point sur les circonstances de la mort de sa fille.

 

L'établissement s'accorde quelques jours avant de réagir. La direction du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches analyse les demandes de M. Lévesque.

 

Rappelons que Rébecca Lévesque, âgée de 15 ans, est morte en février dernier d'une septicémie au centre jeunesse. L'adolescente n'avait pas été conduite à l'hôpital.

Hypocrisie à son paroxisme

(Source: Radio-Canada) Le directeur du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches, Pierre Cloutier, souhaite pouvoir répondre aux questions de la famille de Rébecca Lévesque.

Radio-Canada.ca

Le 3 octobre 2011

http://nouvelles.sympatico.ca/regions/quebec/deces_dune_adolescente_mort_de_rebecca_levesque_le_centre_jeunesse_veut_rencontrer_la_famille/2a03af19

Le directeur du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches, Pierre Cloutier, souhaite pouvoir répondre aux questions de la famille de Rébecca Lévesque.

La direction du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches offre une rencontre privée à la famille de Rébecca Lévesque qui a souhaité des éclaircissements sur les faits entourant le décès de l'adolescente survenu en février dernier.

Le directeur général du Centre jeunesse promet de répondre à toutes les questions soulevées par les parents à « la date et à l'heure qui leur conviennent ».

Les proches de la famille ont pour leur part lancé une pétition en ligne pour obtenir l'appui de la population dans sa demande pour la tenue d'une enquête publique dans ce dossier. Une manifestation est prévue le 22 octobre devant l'Assemblée nationale.

Rappelons que Rébecca Lévesque est morte d'une septicémie au centre jeunesse. L'adolescente n'avait pas été conduite à l'hôpital.

 

«La DPJ ne m’a rien dit» -Maman de Elsa (nom fictif)

Dans la nuit où Rébecca est décédée, Elsa (nom fictif) était présente. Elle avait quitté le centre, le matin, pour rendre visite à un membre de sa famille, alors qu’elle ignorait complètement que sacopine avait perdu la vie. Lorsque les intervenants de la DPJ a téléphoné la mère d’Elsa pour lui demander si l’adolescente pouvait dormir ailleurs qu’au Centre, ce soir-là, ils ne lui ont rien dit sur la nature de cette requête.
             
L'organisatrice de la manifestation et mère d'Elsa (nom fictif). Photo: Nathacha Gilbert

Nathacha Gilbert

Publié le 3 octobre 2011


«Je leurs ai demandé c’était quoi la maladie, pourquoi elle ne pouvait pas rentrer au Centre. Je voulais savoir si la vie de ma fille était en danger. Je voulais avoir des informations et ils n’ont rien voulu me dire. Ça ne change pas! C’est épeurant!», souligne la mère d’Elsa et aussi l’organisatrice de la manifestation qui aura lieu ce samedi.

«Je suis capable de me mettre à la place des parents de Rébecca parce que ma fille réside au Centre jeunesse et elle a le même âge. Je partage et je ressens leur peine et leur angoisse. Lorsque c’est arrivé, j’ai eu une peur atroce que ma fille retourne-là», ajoute-t-elle.

Elle soutient aussi que la DPJ ne voulait pas qu’elle annonce à sa fille que Rébecca était décédée. «À ce moment, ils ont dit qu’ils souhaitaient que le psychologue annonce lui-même à ma fille que sa copine était morte pour minimiser l’impact psychologique. Aujourd’hui, je prends conscience de tout ça… Et je n’ai pas ‘’allumé’’ avant! Là, je sais toute la gravité de la chose parce que ma fille m’a tout dit. J’aurais dû lui dire ce soir là», confie la mère.

Version nette

Cette dernière affirme que si elle avait parlé de cette histoire à sa fille au moment où c’est arrivé, elle aurait eu la vraie version, la version nette, et ce, sans intervention d’un employé du Centre jeunesse. Sans minimisation, sans manipulation, ajoute-t-elle.

«Les jeunes, ils leurs ont dit, aux intervenants, que ça n’avait pas de bon sens. Et on leurs a enlevé le droit de parole. On m’avait dit qu’une intervenante allait accompagner ma fille lorsque les policiers l’ont interrogée, mais elle se faisait couper à tout bout de champ. ‘’C’est ta perception des choses. C’est tes émotions qui te font parler. Ce n’est pas comme ça que ça s’est passé’’. L’intervenante a enlevé toute crédibilité à ma fille. Elle n’avait pas à se mêler de cela. Ma fille aurait dû être rencontrée seule», soutient la mère d’Elsa.

Elle rappelle que sa fille a essayé de se sauver, cette nuit-là, avec Rébecca pour aller à l’hôpital. La mère soutient que sa fille a d’énormes regrets, aujourd’hui. Elle ne cesse de se dire qu’elle aurait pu sauver son amie.

Mais ce qui indigne le plus la mère de famille, c’est qu’actuellement, la DPJ dit que sa fille n’est pas crédible. «C’est drôle. Elle est crédible dans de nombreux autres dossiers, mais pas dans celui-là. Ma fille a peut-être des défauts, mais elle dit toujours la vérité.»

Transparence

Une chose est sûre. Cette femme accumule les mauvaises expériences avec la DPJ depuis de nombreuses années. Là, c’est vraiment la goutte qui fait déborder le vase. «C’est assez. Il y a eu le décès d’un enfant. Il y a des choses qui doivent se dire. Elle (la DPJ) nous demande d’être honnêtes et transparents, mais elle, elle ne l’est pas. Si tu n’es pas honnête et transparent en tant qu’organisme, comment on fait pour te faire confiance? C’est écoeurant», a-t-elle conclut.

Le père réclame une enquête publique

Martin Lévesque, le père de Rebecca, cette jeune fille morte de septicémie, le 13 février dernier, demande au ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil d'ordonner une enquête publique sur les circonstances de sa mort.

Le père réclame une enquête publique

Crédit photo : Agence QMI

 

TVA Nouvelles

29 septembre 2011

http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/archives/2011/09/20110929-131846.html

Martin Lévesque soulève des doutes sur l'enquête menée par la police de Lévis après les événements parce que, dit-il, elle a laissé trop de «zones grises». Il se demande aussi si la Sûreté du Québec, qui a pris le relais de la police de Lévis, a repris son enquête à zéro ou si elle s'est basée sur le travail déjà effectué.

Le Bureau du coroner, on le sait, a déjà rejeté l'idée de faire une enquête publique sur le décès de la jeune fille, s'estimant satisfait du travail du coroner Malouin.

Quant au ministre Dutil, il refuse de se mêler de l'affaire et il réfère la famille au Comité de déontologie policière, qui pourrait, au besoin, faire enquête sur le travail des policiers.

Enfin, la Sûreté du Québec répond à Martin Lévesque que le travail de ses enquêteurs sur la mort de la jeune Rebecca a été effectué selon les règles de l'art.

Samedi, un groupe de personnes, dont Martin Lévesque, doit se rendre manifester devant le Centre jeunesse de Chaudière-Appalaches pour réclamer une enquête publique sur la mort de la jeune Rebecca.

Par ailleurs, quant à la possibilité d'une poursuite au civil, M. Lévesque dit attendre d'avoir plus d'informations avant d'aller de l'avant.

Morte de septicémie

Rebecca Lévesque, 15 ans, qui résidait au centre jeunesse, était rentrée plus tôt que prévu d'une sortie avec sa mère, le 12 février, parce qu'elle était fiévreuse et sérieusement indisposée. On l'a retrouvée morte le lendemain matin.

Le coroner Luc Malouin a conclu, après enquête, que sa mort était évitable. Il a aussi reproché aux surveillantes en poste de n'avoir pas suivi un conseil d'Info-Santé à l'effet de la conduire à l'hôpital si son état ne s'améliorait pas.

Commentant le rapport du coroner Malouin, la semaine dernière, le Centre jeunesse de Chaudière-Appalaches a fait amende honorable, avouant que, dans le cas de la jeune Rebecca, le protocole d'intervention n'avait été respecté. On a aussi indiqué que des mesures avaient été prises dans l'établissement pour éviter la répétition d'un tel drame.

Aucune mesure disciplinaire n'a cependant été prise à l'endroit des trois intervenantes qui étaient en poste au moment de la mort de la jeune fille.

L'une d'elles a depuis démissionné, une autre est en congé de maladie depuis les événements et la troisième, cadre de service, est toujours en poste.

PS.: Comment peut-on agir avec un tel mépris de la vie d'un enfant sur lequel on était en position d'autorité et n'être imputable en rien de sa mort évitable?

Manifestation pour une enquête publique

LÉVIS - Une vingtaine de personnes se sont rassemblées devant les locaux du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches (CJCA) à Lévis, samedi matin, pour réclamer une enquête publique sur les événements entourant la mort de Rébecca Lévesque.

 

Mort de Rébecca Lévesque - Manifestation pour une enquête publique
Une vingtaine de personnes se sont rassemblées devant les locaux du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches.
© DIDIER DEBUSSCHERE / Agence QMI

Le 1 octobre 2011

http://fr.canoe.ca/infos/societe/archives/2011/10/20111001-125136.html

«C'est un geste du cœur», a lancé une mère, initiatrice de la manifestation, dont la fille était avec Rébecca la veille de sa mort. Nous ne pouvons l'identifier en raison de la Loi sur la protection de la jeunesse, car sa fille reçoit toujours l'aide du CJCA.

 

«Il y a manque de transparence de la part de la DPJ dans cette affaire-là. Est-ce possible de faire la lumière pour que j'arrête de stresser le soir?» a-t-elle lancé. La manifestation pacifique se déroulait sous l'œil attentif du Service de police de la ville de Lévis (SPVL) et d'une firme de sécurité.

 

Peur pour leur sécurité

 

Deux amies de Rébecca étaient présentes même si elles avaient reçu l'ordre de la part du CJCA de ne pas s'y trouver. «C'est un jour très mouvementé pour moi, mais je suis là pour Rébecca, a déclaré l'une d'elles. Il faut qu'il y ait une justice pour elle. J'aimerais au moins qu'ils admettent qu'ils ont fait une erreur.»

 

«Ça me fâche, ce qui lui est arrivé», a balancé la deuxième adolescente. «Je ne me sens pas en sécurité.»

 

Mourir dans l'indifférence

 

Une tante de la mère de Rébecca Lévesque prenait part à la manifestation, ours en peluche à la main droite et message pour la jeune fille décédée dans l'autre. «Pourquoi ç’a été fait comme ça et pourquoi ils l'ont surveillée durant cinq heures par la fenêtre?» a demandé France Pouliot. Le gros bon sens disait de l'amener à l'hôpital. On ne décède pas d'une septicémie en 2011.»

 

Elle déplore que l'on ait dit de l'adolescente «qu'elle exagérait» l'ampleur de ses symptômes. «Tu ne peux pas exagérer les vomissements. Elle s'était enduite de Deep Cold (NDLR : du gel analgésique). Faut croire qu'elle avait mal.»

 

Elle a ajouté que, tous les soirs, elle s'endort en se disant que Rébecca est morte sans que personne ne lui ait porté assistance.

 

Rébecca Lévesque, 15 ans, est morte après avoir combattu une septicémie le 13 février. Elle était sous la garde du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches.

PS.: Je lève mon chapeau à ces jeunes filles d'un courage exemplaire. S.V.P. peuple du Québec réveillez-vous...!

Le Centre jeunesse réfute les allégations des deux mineures

Le Centre jeunesse Chaudière-Appalaches soutient que les deux jeunes filles qui ont livré leur témoignage aux policiers dans l'enquête sur le décès de Rébecca Lévesque étaient accompagnées par une « éducatrice neutre ».

Centre jeunesse Chaudière-Appalaches

Centre jeunesse Chaudière-Appalaches

le vendredi 30 septembre 2011

http://www.radio-canada.ca/regions/Quebec/2011/09/30/004-centre_jeunesse-allegation-reponse.shtml

Dans un communiqué diffusé vendredi, le Centre jeunesse Chaudière-Appalaches affirme que lors des interrogatoires des policiers, les deux adolescentes étaient accompagnées d'une éducatrice, à leur demande, « parce qu'elles étaient nerveuses de rencontrer seules les enquêteurs ».

 

L'établissement soutient n'être intervenu d'aucune façon dans l'enquête des policiers. Le Centre jeunesse réfute aussi les allégations selon lesquelles les jeunes auraient été soumises à la contention et à l'isolement dans les jours qui ont suivi le décès de Rébecca Lévesque.

 

Les deux adolescentes, qui étaient présentes au moment du drame, ont affirmé qu'elles n'avaient pu parler librement aux policiers lors de l'enquête. La famille de Rébecca Lévesque estime que ces affirmations et le rapport du coroner, qu'elle juge incomplet, justifient sa demande d'une enquête publique. Celle-ci permettrait selon elle d'éclaircir les circonstances entourant le décès de la jeune fille.

 

Rébecca Lévesque est décédée en février dernier à l'âge de 15 ans, des suites d'une septicémie. Elle se trouvait au Centre jeunesse Chaudière-Appalaches et n'avait pas été transportée à l'hôpital, même si Info-Santé le recommandait. Des intervenants du centre pensaient qu'elle jouait la comédie.

manifestation pour une enquête publique

(Québec) Une manifestation se prépare devant le Centre jeunesse Chaudière-Appalaches (CJCA), same­di prochain, afin que le gouvernement ou le bureau du coroner déclenche une enquête publique sur le décès de Rébecca Lévesque.

Publié le 27 septembre 2011

Matthieu Boivin
Le Soleil

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201109/26/01-4451596-deces-de-rebecca-levesque-manifestation-pour-une-enquete-publique.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4450923_article_POS3
 
<C'est la mère d'une bonne amie de Rébecca Lévesque qui a lancé cette initiative sur Facebook, lundi, sous le nom de «manif pour avoir une enquête publique». La manifestation qui se veut pacifique a comme objectif d'inciter les autorités à mettre sur pied une telle enquête. L'événement doit avoir lieu à 10h.
 
«On ne lâchera pas le morceau, il y a des gens qui doivent répondre de ce qui s'est passé», a indiqué cette femme, qu'on ne peut pas identifier, car sa fille reçoit toujours des services du CJCA. Celle-ci était au Centre jeunesse le soir où le personnel a refusé d'amener l'adolescente de 15 ans à l'hôpital, dans la nuit du 12 au 13 février dernier. Rébecca est décédée d'une violente infection du sang.
 
Dimanche, deux adolescentes qui étaient dans la même unité du CJCA que Rébecca le soir de sa mort ont affirmé au Soleil n'avoir pu parler librement aux enquêteurs de police, car elles étaient toujours en présence d'intervenants du Centre jeunesse lors de leur témoignage. Durant leur rencontre avec la police, elles auraient notamment été sous la surveillan­ce d'une des employées qui n'a pas jugé bon de faire amener Rébecca à l'hôpital.
 
Les deux femmes rencontrées disent avoir été placées en isolement par le personnel du CJCA quand elles ont manifesté leur insatisfaction, après le décès de Rébecca, devant la décision des employés du Centre jeunesse de ne pas l'amener à l'hôpital.
Interrogatoires
Mis au fait de ces nouvelles informations, l'avocat du père de Rébec­ca Lévesque, Me Jean-François Bertrand, a exigé dans notre édition de lundi qu'une enquê­te publi­que soit déclenchée sur le décès de l'adolescente, enquête qui porterait aussi sur la façon par laquelle les interrogatoires ont été menés par les policiers.
Alors que cette manifestation se prépare, le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, maintenait, lundi, qu'il n'avait toujours pas l'intention de déclencher une enquête publique. «Pour le moment, le bureau du coroner peut toujours déclencher une enquête publique, s'il juge que la connaissance de nouvelles informations rend l'exercice pertinent», a expliqué Mathieu St-Pierre, l'attaché de presse du ministre. «Pour notre part, nous n'avons toujours pas reçu une demande écrite et claire de l'avocat de la famille Lévesque pour le déclenchement d'une enquête publi­que. Quand nous aurons reçu cette demande, nous prendrons une décision, en s'assurant d'avoir en main tous les renseignements qui permettront au ministre de faire un choix éclairé.»
Au bureau du coroner, on affir­me que la publication de renseignements dans les journaux ne constitue pas en soi une information «crédible et vérifiée», et que le rapport du coroner Malouin a répondu à toutes les questions entourant le décès de Rébecca. Dans ce con­texte, il n'est pas question d'ouvrir une enquête publique, précise la relationniste du bureau du coroner, Geneviève Guilbault.
Une porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux, Nathalie Lévesque, a con­firmé, lundi, qu'un mineur qui vit dans un centre jeunesse ne peut pas se fai­re imposer la présence d'un adulte quand il rencontre un enquêteur de police comme témoin.
 
Même son de cloche du côté de l'Association des centres jeunesse du Québec. «On peut suggérer au mineur d'être accompagné d'un membre du personnel, mais on ne peut pas lui imposer, a expliqué Judith Laurier, porte-parole de cette association. D'ailleurs, il n'existe aucune politique claire à cet effet qui aurait été transmise à tous les centres jeunesse du Québec.» Le CJCA a refusé de commenter les révélations publiées en fin de semaine dans Le Soleil.

 

témoignages baillonnés au Centre

(Québec) Deux adolescentes qui étaient avec Rébecca Lévesque au Centre jeunesse Chaudière-Appalaches alors qu'elle éprouvait des problèmes de santé la veille de sa mort déclarent qu'elles n'ont jamais pu rencontrer un policier sans la présence d'une éducatrice de l'établissement dans les jours qui ont suivi le décès.

Ian Bussières
Le Soleil

Publié le 25 septembre 2011
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201109/24/01-4451138-deces-de-rebecca-levesque-temoignages-controles-au-centre.php
Elsa (nom fictif), une fille de 16 ans rencontrée au domicile de sa mère, a ainsi expliqué qu'il lui avait été impossible de livrer sa vision du travail d'une éducatrice qui aurait refusé à Rébecca le droit de se rendre à l'hôpital.
«C'était impossible pour nous d'être seules avec le policier. Il y avait toujours une éducatrice présente et, souvent, c'était la même éducatrice qui travaillait le soir où Rébecca a été malade. Et quand on disait quelque chose de vrai, l'éducatrice disait que ce n'était pas vrai», explique Elsa.
«J'étais fâchée en raison de la façon dont cette éducatrice avait agi, mais à chaque fois que je le disais, j'étais envoyée au "local" [un endroit où certains jeunes sont isolés des autres] pendant une demi-heure!» déplore-t-elle.
 
La jeune fille ajoute qu'après la parution de l'histoire dans les journaux, une employée cadre aurait aussi répété à plusieurs reprises aux pensionnaires du Centre jeunesse que le décès de Rébecca n'était pas la faute de l'éducatrice, que celle-ci avait fait ce qu'elle avait à faire.
En isolement
Alexandra, une autre adolescente de 16 ans qui était au Centre jeunesse la veille du décès, abonde dans le même sens. «Il y avait toujours une éducatrice avec nous quand on rencontrait la police et, dans mon cas, c'était l'éducatrice qui, selon moi, avait mal agi la veille de la mort de Rébecca», a-t-elle déclaré, jointe par téléphone.
«Quand j'ai dit que c'était la faute de l'éducatrice, j'ai été envoyée au "local" pendant trois jours et, quand je suis sortie, une employée cadre a averti toutes les filles qu'elles subiraient le même sort si elles faisaient comme moi», poursuit-elle.
Les deux adolescentes affirment que non seulement l'éducatrice n'a pas pris l'initiative de conduire Rébecca à l'hôpital comme le déplorait le coroner Luc Malouin dans son rapport, mais qu'elle aurait même dit non à une demande en ce sens formulée par Rébecca.
«Comme personne ne prenait ses problèmes de santé au sérieux, Rébecca m'a demandé de l'aider. Je lui ai pris la main et je voulais l'amener à l'hôpital sans le dire à l'éducatrice. Malheureusement, elle nous a vues et nous a dit que nous n'irions pas à l'hôpital, que Rébecca resterait ici», indique Elsa, les larmes aux yeux. «Ce qui me fâche, c'est que j'aurais pu la sauver, mais les éducatrices ne voulaient pas!»
Tant Elsa qu'Alexandra nient également avec véhémence les affirmations du directeur général du Centre jeunesse, Pierre Cloutier, selon lesquelles Rébecca parvenait à jouer à des jeux vidéo la veille de son décès, ce qui aurait semé un doute quant à son état de santé. «Ce n'est pas vrai qu'elle jouait aux jeux vidéo, elle était bien trop malade pour ça!» assure Elsa.
Elsa indique aussi que ce n'est pas la première fois que les éducatrices ne prennent pas au sérieux les problèmes de santé d'un jeune. «On se fait souvent dire qu'on exagère», lance-t-elle. Ce point de vue qui est corroboré par sa mère.
«Mon fils est aussi au centre d'accueil et il a fait une allergie alimentaire. Personne ne le prenait au sérieux, et il a fallu que j'intervienne et que je les menace pour qu'ils l'envoient à l'hôpital», conclut la mère, qui craint maintenant pour la sécurité de sa fille et tentera de la faire retirer du Centre jeunesse.

Yves Bolduc veut des explications

(Québec) Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, estime que la direction du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches doit s'expliquer publiquement à la suite de la diffusion du rapport du coroner concernant le décès d'une adolescente de 15 ans, Rébecca Lévesque.

Pierre Pelchat et Matthieu Boivin
Le Soleil

Publié le 23 septembre 2011

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/politique/201109/22/01-4450399-deces-de-rebecca-levesque-yves-bolduc-veut-des-explications.php

«Il faut que le centre "sorte" là-dessus», a-t-il affirmé, jeudi, en marge d'une conférence de presse pour annoncer la rénovation de l'Unité de médecine familiale à l'Hôpital Saint-François d'Assise à Québec.

«Si un employé n'a pas été à la hauteur de ce qui aurait dû être fait, à ce moment-là c'est au niveau des ressources humaines qu'il faut juger. Ça va être traité à l'intérieur de l'établissement, et l'établissement doit prendre ses responsabilités par rapport à ce qui s'est passé», a-t-il ajouté.

Le ministre Bolduc n'a pas l'intention d'intervenir dans la gestion du centre jeunesse. «Quand il y a des éléments qui soulèvent des questions, on s'attend à ce que chacun prenne ses responsabilités. Je ne veux pas non plus m'ingérer dans la gestion interne de chacun des établissements surtout qu'il y a des mécanismes prévus dans la loi pour ces situations-là. L'établissement va devoir prendre les mesures pour ne plus que ça se répète», a-t-il poursuivi.

 

Tôt jeudi matin, le Centre jeunesse Chaudière-Appalaches s'est réfugié derrière un laconique communiqué afin de réagir à la publication du rapport du coroner Luc Malouin, qui blâme sévèrement le personnel de cet organisme pour le décès de Rébecca Lévesque survenu dans ses installations, le 13 février dernier. Dans ce document envoyé à toutes les salles de nouvelles de la région, le centre jeunesse ne présente aucune excuse aux proches de Rébecca Lévesque. D'ailleurs, le père de Rébecca, Martin Lévesque, dit n'avoir jamais reçu d'excuses formelles de la part du centre jeunesse pour la mort de sa fille qui a été causée par une virulente septicémie.

M. Lévesque a déploré en entrevue avec Le Soleil, mercredi midi, qu'un cadre du centre jeunesse l'a seulement appelé 18 jours après le décès de sa fille afin de lui offrir ses condoléances.

«Bien que considérant que certaines nuances auraient pu être apportées quant à des éléments qui ont pu influencer la conduite de ses différents intervenants, le Centre jeunesse Chaudière-Appalaches prend au sérieux les recommandations du coroner», peut-on lire dans ce document de presse publié par le centre jeunesse. «À cette fin, les mesures ont été prises par l'établissement afin d'appliquer les recommandations en suivi d'une revue de cas interne.»

La relationniste du centre jeunesse, Geneviève Dion, a refusé de dire si les employés qui ont travaillé de près ou de loin auprès de Rébecca Lévesque, dans les heures précédant sa mort, ont reçu des sanctions disciplinaires ou ont été renvoyés à la suite de cet enchaînement de bourdes qui a mené au décès de l'adolescente.

«Présentement, ce n'est pas l'image de notre organisation qui prime, mais bien le poids de possibles poursuites au civil qui pourraient être intentées», a indiqué Mme Dion. L'avocat de Martin Lévesque, Me Jean-François Bertrand, a avoué qu'il y a de fortes possibilités qu'un recours contre le centre jeunesse soit intenté au civil.

Le ministre Bolduc s'attend à ce que tous les centres jeunesse appliquent les recommandations du coroner Luc Malouin. «Le coroner a fait d'excellentes recommandations. On va suivre les recommandations à la lettre. Les recommandations seront envoyées à tous les centres jeunesse», a-t-il dit.

Une faille

Le ministre a déploré le décès de la jeune Rébecca Lévesque. «C'est une histoire triste. J'ai beaucoup de compassion. Cette jeune fille, selon le rapport du coroner, et moi, j'y crois aussi, n'aurait pas dû mourir», a-t-il dit.

Le ministre a d'emblée reconnu qu'il y avait eu un manquement dans la nuit du 13 février dernier au Centre jeunesse. «Il y a eu une faille. Tout le monde le reconnaît. Quand une personne est malade, et l'infirmière d'Info-Santé dit qu'il serait mieux de l'amener à l'urgence, on ne pose pas de questions. On l'amène à l'urgence. Il y a eu une faille à ce moment-là», a affirmé le Dr Bolduc, qui a travaillé dans des urgences pendant quelques années.

Il a invité à une plus grande prudence avec les personnes qui ont besoin d'aide. «Si vous avez un doute, vous les amenez à l'urgence. C'est vrai quand on trouve quelqu'un sur le bord de la rue en état d'ébriété. C'est vrai quand on trouve quelqu'un qui est inconscient pis on pense qu'il n'a pas grand-chose. C'est toujours mieux d'être plus prudent. On est mieux d'être plus prudent et à la fin dire que ce n'était pas ça que de se retrouver avec un cas comme celui-là», a soutenu le Dr Bolduc.

Ps.: Rébecca n'est pas morte d'une simple erreur administrative mais bien d'une action criminelle visant à la priver de soin médicaux puis de l'emmurer vivante pour ne pas entendre son agonie. C'est un crime très grave qui doit obligatoirement être jugé en cour criminelle avec sanction conséquente!

l_imbécilité visiblement la norme

Pierre-Olivier Fortin
Le Soleil

Décès de Rébecca Lévesque: un mea culpa sans excuses
(Québec) Plus de sept mois après la mort tragique de Rébecca Lévesque, la direction du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches, qui en avait la garde, sort de son mutisme. Le directeur général, Pierre Cloutier, reconnaît que le décès «inacceptable» de l'adolescente est survenu à la suite d'une série de mauvaises décisions et d'un manque de communication entre les employés, qui auraient dû conduire la jeune femme à l'hôpital.

Publié le 24 septembre 2011
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201109/23/01-4450923-deces-de-rebecca-levesque-un-mea-culpa-sans-excuses.php
Le Centre jeunesse a cessé hier de se cacher derrière les communiqués de presse et a accordé une série d'entrevues individuelles. Pierre Cloutier, accompagné de trois collègues, a accueilli Le Soleil sans son bureau de la rue Monseigneur-Bourget pour un entretien de 30 minutes quasi chronométré.
Le directeur général, qui semblait nerveux en début d'entrevue, accueille les journalistes non pas à la suggestion formulée jeudi par le ministre Yves Bolduc, mais pour «expliquer» et «rassurer» la population, indique-t-il. «Nous prenons très au sérieux le contenu du rapport du coroner, et nous avons déjà appliqué les recommandations.» Le rapport accablant du coroner Luc Malouin publié jeudi recommandait essentiellement un recours plus systématique au service Info-Santé et surtout un meilleur suivi des directives des infirmières au bout du fil. M. Malouin condamnait vigoureusement que personne n'ait pris initiative de conduire l'adolescente à l'hôpital, malgré la recommandation d'Info-Santé et les symptômes inquiétants et évidents qu'elle montrait plusieurs heures avant sa mort.
La mort aurait pu être évitée selon le coroner, mais ce n'est pas si clair, répond M. Cloutier. «On a pris des précautions en soirée. On a fait des prises de température, on a appelé Info-Santé, on a eu les instructions d'info-Santé, sauf que... on ne les a pas appliquées. C'était ça, notre problème. Si on avait appliqué les instructions d'Info-Santé, je ne sais pas si elle serait toujours vivante, et on l'aurait hospitalisée à tout le moins.»
 
Le coroner explique dans son rapport que l'infirmière d'Info-Santé avait recommandé de conduire Rébecca à l'hôpital si ses symptômes - diarrhée, vomissements, vision trouble, étourdissements, etc. - perduraient après une heure ou deux. Mais la surveillante de nuit a omis d'en faire mention lors d'une conversation téléphonique avec une employée cadre qui a finalement conclu, au bout du fil, qu'il s'agissait d'une simple gastro et qu'il n'était pas nécessaire de conduire la jeune femme à l'hôpital. «Ce qu'on a appliqué, dans le fond, c'est notre protocole de gastroentérite. [...] On a perdu l'information [d'Info-Santé] dans nos systèmes, on n'a pas pris la bonne décision, on a appliqué un autre protocole», regrette M. Cloutier.
La surveillante de nuit croyait que Rébecca exagérait. Le rapport du coroner précise pourtant que l'ado a été malade au point d'en souiller sa chambre et de faire dans ses pantalons. Sans égard au protocole, pourquoi, dans ce contexte, le simple bon sens ne s'est pas imposé? a demandé Le Soleil. Essentiellement pour deux raisons, répond M. Cloutier. D'abord parce que son état semblait parfois s'améliorer. Par exemple, elle avait la vision trouble, mais parvenait à jouer au Nintendo, ce qui a pu semer un doute sur son état. Et la fausse idée de la gastro a fait son chemin. «Faut dire aussi que l'enfant s'est endormie au cours de la nuit. Pour nous, on pensait que cette crise-là s'était calmée dans le fond.»
Rébecca Lévesque dormait peut-être, mais elle vivait aussi ses dernières heures. Elle a ainsi passé cinq heures étendue dans son lit, sans que personne ne s'enquière de son état de santé, sauf en regardant par la fenêtre de sa chambre.
«Y'a des nuances à apporter aux descriptions, dit M. Cloutier. On s'est préoccupés toute la nuit de cette enfant-là, on ne l'a pas laissée dans son vomi toute seule. On en a pris soin toute la nuit, même si, à la fin de la nuit, notre surveillance était questionnable, c'était une surveillance en toute bonne foi en pensant qu'elle dormait.»
«Émotions épouvantables»
Les employés du centre ont vécu dans cette épreuve des «émotions épouvantables», évoque M. Cloutier. «Nous, ici, ça fait 40 ans qu'on garde des enfants, et c'est la première fois qu'on en perd un. On n'est pas habitués à ça», insiste le père de famille, au bord des larmes.
En fin d'entrevue, Le Soleil a donné l'occasion à Pierre Cloutier de s'adresser directement à Martin Lévesque, le père de Rébecca. «C'est insoutenable pour eux, on comprend leur peine, et c'est insoutenable aussi pour nous et nos employés. On a beaucoup de compassion pour ce qu'ils vivent, c'est regrettable ce qui est arrivé.» Pas de condoléances, pas d'excuses? a-t-on demandé. «On a offert nos condoléances à M. Lévesque. On a dit à M. Lévesque que c'est regrettable ce qui s'est passé. On n'est pas gênés [de le dire], on est malheureux.» Autre chose que vous aimeriez ajouter? «Ça va.»
Une démission au centre
Trois employés du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches ont travaillé auprès de Rébecca Lévesque avant sa mort, en février. La surveillante de nuit, qui avait six ans d'expérience, a démissionné dans les semaines qui ont suivi le décès de l'adolescente. Dans un appel à sa supérieure, elle a évoqué qu'à son avis, Rébecca exagérait. Elle a aussi omis de lui mentionner les directives d'Info-Santé.
L'employée cadre en question est toujours en poste. L'éducatrice spécialisée compte au moins 25 ans d'expérience. Sans connaître les instructions d'Info-Santé, cette dernière a conclu, sans la voir, que Rébecca souffrait d'une gastro et a demandé qu'elle soit gardée au centre.
L'intervenante qui était en poste avant le quart de nuit compte deux ans d'expérience. Elle est actuellement en congé de maladie.
Le directeur général du Centre jeunesse, Pierre Cloutier, indique qu'une enquête administrative est en cours et qu'elle progresse plus vite maintenant que le coroner a déposé son rapport. «Si on arrive à la conclusion qu'il y a eu des fautes de pratique, dit-il, on va agir, c'est évident. On ne laissera pas les gens avec des enfants s'il y a eu des fautes de pratique.»

seule et emmurée face à la mort

Décès de Rébecca Lévesque dans un centre jeunesse: seule face à la mort

Publié le 22 septembre 2011 à 05h00 | Mis à jour le 22 septembre 2011 à 13h42     

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201109/21/01-4450060-deces-de-rebecca-levesque-dans-un-centre-jeunesse-seule-face-a-la-mort.php

Rébecca Lévesque est morte d'une violente septicémie le... (Photo fournie par la famille)

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Rébecca Lévesque est morte d'une violente septicémie le 13 février dernier au Centre jeunesse Chaudière-Appalaches.

Photo fournie par la famille

 

Matthieu Boivin
Le Soleil

(Québec) Dans un accablant rapport du coroner qui sera rendu public jeudi, on apprend que le personnel du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches n'a fait aucun geste concret afin de protéger la vie d'une adolescente de 15 ans, Rébecca Lévesque, qui est décédée d'une violente septicémie au centre jeunesse où elle vivait, à Lévis, le 13 février dernier.

Même si l'adolescente a présenté durant toute la nuit des symptômes qui démontraient qu'elle était gravement malade et qu'une infirmière d'Info-Santé lui a dit d'aller à l'urgence si son état ne s'améliorait pas, personne au centre jeunesse n'a jugé bon de la transporter à l'Hôtel-Dieu de Lévis. Dans un rapport de sept pages dont Le Soleil a obtenu copie auprès du père de la victime, le coroner Luc Malouin condamne vigoureusement qu'on n'ait pas amené l'adolescente à l'hôpital, alors que tous les signes pointaient vers cette décision.

«Elles [les membres du personnel du centre jeunesse] l'ont regardée crever, crisse! Elles l'ont regardée agoniser ben raide!» a lancé le père de Rébecca, Martin Lévesque, mercredi midi, après avoir pris connaissance du rapport produit par M. Malouin. M. Lévesque était visiblement secoué d'apprendre les circonstances de la mort de sa fille.

Le décès de Rébecca «aurait dû être évité», a ajouté l'avocat de M. Lévesque, Me Jean-François Bertrand. «Elles [les membres du personnel du centre jeunesse] ont eu toutes les possibilités de le faire, et elles ne l'ont pas fait. Les premiers mots qui me sont venus à l'esprit en lisant ce rapport, c'est négligence crasse et grossière. Il n'y a pas d'autres mots pour qualifier ça.»

 

Éléments troublants

Parmi les éléments troublants du rapport, on apprend que c'est une cadre du centre jeunesse, de garde dans la nuit du samedi 12 février au dimanche, qui a décidé de ne pas faire conduire l'adolescente à l'hôpital. Vers 0h50, la gardienne de nuit qui surveillait les jeunes du centre l'a appelée, afin de l'informer que Rébecca ne cessait de vomir. Elle avait aussi déféqué dans ses vêtements et elle était passablement désorientée.

«La cadre lui a dit [à la gardienne de nuit] qu'elle [Rébecca] semblait faire une gastro et de la garder à l'unité», peut-on lire dans le rapport du coroner, qui a notamment été préparé à partir de l'enquête réalisée par les policiers de Lévis et de la Sûreté du Québec (SQ). Les policiers ont interrogé les employés du centre jeunesse afin de connaître leur version des faits.

La gardienne de nuit ne semblait pas non plus croire que la vie de Rébecca était en danger, car elle a mentionné dans son rapport que l'adolescente jouait la comédie.

«Je crois qu'elle exagère», a-t-elle écrit.

Cette initiative de la cadre a visiblement dérangé le coroner Malouin, surtout que l'adolescente avait appelé une infirmière d'Info-Santé vers 22h, le samedi, pour lui dire qu'elle avait des problèmes d'hallucination, de vision et qu'elle avait mal dans le dos et à la tête. Rébecca, qui souffrait aussi d'arthrite juvénile, disait même avoir de la difficulté à voir les autres filles hébergées au centre jeunesse.

L'infirmière avait dit à Rébecca d'aller à l'urgence si son état ne s'améliorait pas au cours des deux prochaines heures. Cette information a été transmise à l'intervenante qui était en service le soir, pour ensuite être répétée à la gardienne qui travaillait de nuit. Quand la gardienne a appelé la cadre à son domicile, elle ne lui a jamais dit que le service Info-Santé avait été appelé plus tôt.

Une procédure au centre jeunesse est pourtant établie pour les situations où un enfant est malade les soirs et les fins de semaine.

«Nulle part dans cette procédure on ne demande au cadre de garde de prendre la place de l'infirmière d'Info-Santé, écrit le coroner Malouin. Au demeurant, ce n'est pas de sa compétence, et l'infirmière d'Info-Santé est la mieux placée pour donner un conseil.»

Détérioration de l'état de Rébecca

Tout au long de la nuit, la situation de la petite Lévesque n'a cessé de se détériorer. Elle a vomi et elle a fait ses besoins dans ses vêtements. À 3h54, elle est allée de nouveau aux toilettes. Elle a dit à la gardienne qu'elle était incapable d'ouvrir la porte de sa cabine. Elle était nue, refusait de s'habiller et elle avait des problèmes importants de vision.

Des agents de sécurité ont alors ramené Rébecca dans sa chambre. Au cours de la nuit, la gardienne a fait changer Rébecca de chambre, car celle qu'elle occupait au début de la soirée était devenue trop malpropre en raison des nombreux vomissements et autres problèmes de santé de l'adolescente.

Le coroner Malouin a aussi dénoncé le fait qu'entre 5h30 et 10h30, heure à laquelle Rébecca a été trouvée morte par l'intervenante, personne n'est allé auprès de la jeune femme afin de s'enquérir de son état de santé. Autant la gardienne de nuit que l'intervenante qui a pris son relais à 7h30, dimanche, ont jugé suffisant de regarder par la fenêtre de l'adolescente afin de connaître son état de santé. Cette intervenante est la même qui était de service le samedi soir et qui savait que Rébecca avait appelé Info-Santé. Rébecca est demeurée couchée durant ces cinq heures, et son décès est probablement survenu aux alentours de 7h30, dimanche.

«Comment connaître l'état de santé de la personne couchée dans le lit et s'assurer qu'elle va bien si on ne fait que l'observer à travers la vitre et que l'on ne s'approche pas d'elle?» s'interroge le coroner Malouin. «Dans le présent dossier, avec toutes les informations qu'on avait sur les dernières heures de Rébecca, ses vomissements et autres problèmes, c'est tout simplement inacceptable de ne pas avoir été s'assurer qu'elle allait mieux.»

M. Malouin affirme que la petite aurait pu être sauvée si on était allé la voir régulièrement dans sa chambre, et non en jetant un coup d'oeil par la fenêtre.

«Il est incroyable qu'on décède d'une septicémie en 2011 alors qu'on est sous la garde d'un centre jeunesse, organisme visant à prendre en charge, à protéger et à aider les jeunes en difficulté», conclut M. Malouin dans son rapport.

PS.:

Ces monstres non seulement lui ont refusé tout soin médical, mais ont poussé le sadisme à l'emmurer vivante dans une salle d'isolement pour que plus personne n'entendent ses appels à l'aide !

Mon Dieu, j'aimerais être musulman pour pouvoir lapider ces monstres pour ce qu'ils ont fait à cette enfant martyrisée.

Le coronnaire contate des failles importantes causant la mort

 
MONTRÉAL - Le coroner Luc Malouin a constaté d'importantes failles dans les communications et l'appréciation de l'état de santé d'une adolescente, Rébecca Lévesque, qui est décédée au Centre jeunesse Chaudière-Appalaches où elle résidait.
jeudi 22 septembre 2011 à 16H22
http://www.branchez-vous.com/info/actualite/2011/09/un_coroner_blame_un_centre_jeunesse__9108018.html
L'adolescente de 15 ans est décédée d'une septicémie _ une infection généralisée _ le 13 février dernier, et ce, sans avoir été transférée à l'hôpital, bien qu'elle avait reçu un conseil en ce sens de la part d'une infirmière d'Info-Santé qu'elle avait consultée.
Congestionnée, ayant un mal de gorge, de la difficulté à respirer et se sentant fiévreuse, l'adolescente avait ensuite vu son état se détériorer. Elle disait avoir des hallucinations visuelles et auditives.
Une intervenante du Centre jeunesse a bel et bien pris sa température, mais n'a noté aucune fièvre.
L'adolescente avait elle-même appelé Info-Santé vers 22h. Au téléphone, l'infirmière lui avait conseillé de se rendre à l'urgence si son état continuait de se détériorer dans une heure ou deux. L'adolescente avait informé l'intervenante de soir du Centre jeunesse de cette consigne.
Pendant la nuit, l'adolescente s'était mise à vomir et avait une diarrhée. Elle a finalement été retrouvée morte le lendemain par le personnel de jour.
Dans son rapport rendu public jeudi, le coroner Luc Malouin souligne plusieurs failles dans les communications entre les membres du personnel. D'abord, le personnel ne conduit pas l'adolescente à l'hôpital, bien que son état se détériore et malgré la recommandation en ce sens d'Info-Santé. Ensuite, la gardienne de nuit a parlé à l'employée cadre des problèmes de santé de l'adolescente, mais n'a pas mentionné la recommandation d'Info-Santé. Le cadre a cru à une gastroentérite.
Le coroner déplore également «une surveillance inadéquate» de l'état de santé de l'adolescente. L'intervenante de jour, qui était la même que celle du soir précédent, a vérifié sporadiquement l'état de santé de Rébecca à travers la fenêtre de la porte de sa chambre. Ce n'est que vers 10h30 qu'elle est entrée dans sa chambre pour lui porter à boire. Elle a alors constaté que Rébecca était froide, rigide et visiblement décédée.
«Décéder d'une septicémie en 2011 alors qu'on est sous la garde d'un Centre jeunesse est incroyable», conclut Me Malouin.
«Il y a tout lieu de croire que Rébecca était déjà décédée à 7h30 et qu'une visite dans sa chambre aurait permis de le constater. Et si elle n'était pas encore décédée, elle était sûrement inconsciente et il aurait peut-être été possible de lui sauver la vie», écrit le coroner.
«Sous réserve qu'il y a toujours un taux de mortalité quelconque dans n'importe quelle maladie, on peut présumer que si on avait conduit Rébecca à l'hôpital, elle aurait eu les traitements voulus et les chances de survie étaient excellentes», a commenté en entrevue Me Malouin.
Il recommande donc au Centre jeunesse Chaudière-Appalaches de clarifier sa politique interne en cas de maladie d'un résidant lorsque l'infirmière n'est pas sur place. Il tient à ce qu'un appel à Info-Santé «ait lieu dans tous les cas et que les recommandations de l'infirmière de cet organisme soient suivies par les employés du Centre».
Il lui recommande également de s'assurer que toutes les informations médicales soient transmises entre les intervenants qui ont affaire à un résidant malade.
Le coroner recommande aussi à l'Association des centres jeunesse du Québec de diffuser son rapport à ses membres et de faire appel à Info-Santé lorsqu'il n'y a pas de personnel médical sur place et qu'un résidant est malade.

La Sûreté du Québec va enquêter sur la mort de Rébecca Lévesque

L'enquête sur la mort de Rebecca Lévesque qui est décédée le 13 février dernier au Centre Jeunesse Chaudière-Appalaches a été confiée vendredi à la Sûreté du Québec.
Radio-Canada le vendredi 4 mars
http://www.radio-canada.ca/regions/Quebec/2011/03/04/005-deces-enquete-surete.shtml
Cette décision a été prise par le ministre de la Sécurité publique Robert Dutil, qui souhaite par souci de transparence que toute la lumière soit faite sur les circonstances entourant la mort de l'adolescente de 15 ans.
Le père de la jeune fille réclamait la semaine dernière que l'enquête policière soit rouverte.
Martin Lévesque veut obtenir des réponses à ses questions. Il se demande pourquoi sa fille qui, le soir avant sa mort, présentait plusieurs symptômes, tels de la fièvre et des vomissements, n'a pas été transportée plus tôt à l'hôpital.
Il estime que sa fille est morte dans des circonstances nébuleuses et affirme qu'il ne parvient pas à obtenir des éclaircissements de la part des responsables du centre jeunesse.
Son avocat souligne aussi le fait que le porte-parole de la police de Lévis était aussi membre du conseil d'administration du Centre jeunesse. Il réclame une enquête impartiale.
Selon l'autopsie préliminaire, Rébecca Lévesque pourrait avoir succombé à une septicémie, une infection bactérienne dans le sang.

La police de Lévis fait volte-face

(Québec) Changement de cap à la police de Lévis dans le dossier de Rébecca Lévesque, cette adolescente décédée au Centre jeunesse Chaudière-Appalaches, le 13 février. La police de Lévis va finalement remettre le rapport qu'un de ses enquêteurs a produit sur les événements entourant la mort de Rébecca à un procureur de la Couronne. La semaine dernière, cette option avait été rejetée du revers de la main.

Matthieu Boivin
Le Soleil le 04 mars 2011
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201103/03/01-4375922-enquete-sur-le-deces-de-rebecca-levesque-la-police-de-levis-fait-volte-face.php
Jeudi matin, le relationniste de la police de Lévis Éric Laliberté a confirmé que le rapport d'enquête allait prendre la direction du bureau d'un procureur de la Couronne.
«Je ne sais pas ce qui motive ce changement de position, mais tout ce que je sais, c'est que nous allons soumettre notre rapport d'enquête à un procureur de la Couronne et au coroner», a-t-il souligné.
La semaine dernière, le relationniste de la police de Lévis Alain Gelly avait déclaré qu'aucun acte de négligence criminelle ne semblait ressortir du travail des intervenants du centre jeunesse qui ont encadré Rébecca dans cet établissement.
 
Au cours de la soirée avant son décès, Rébecca a semblé présenter des symptômes d'une personne malade, soit des vomissements et des maux de ventre. Malgré tout, les intervenants du centre n'ont pas envoyé Rébecca à l'hôpital. L'adolescente est finalement décédée d'une infection sanguine.
Cette décision de ne pas diriger la jeune femme à l'hôpital a été décriée par le père de la victime, Martin Lévesque. Son avocat, Me Jean-François Bertrand, affirme qu'il doit être déterminé si le personnel ne pourrait pas être allé à l'encontre du Code criminel dans ce dossier en ne portant pas assistance à une personne en danger.
D'ailleurs, Me Bertrand demande toujours à ce que l'enquête policière, qui est terminée ou presque, soit transférée à un autre corps de police à des fins de transparence et pour garantir une enquête totalement impartiale à la famille de la victime, comme il l'avait exhorté lundi, dans Le Soleil.
Conflit d'intérêts
Pour appuyer sa demande, il affirme que la présence du porte-parole de la police de Lévis Alain Gelly au sein du conseil d'administration du centre jeunesse soulève des questions importantes de possible situation de conflit d'intérêts. D'ailleurs, l'attaché de presse de la mairesse de Lévis, Alain Blanchette, affirme que M. Gelly s'est placé dans une position «gênante» en commentant le dossier Lévesque, alors qu'il siège au conseil d'administration du centre jeunesse.
Selon M. Blanchette, M. Gelly ne devrait plus commenter cette histoire.
De plus, Me Bertrand justifie aussi sa demande de transfert d'enquête à un autre corps de police par le fait que la police de Lévis a déjà enquêté récemment sur le père de la victime.
En effet, M. Lévesque a été accusé de menaces de mort envers une employée du centre jeunesse. Les faits reprochés se sont déroulés le 3 juin. Les accusations ont été déposées le 11 janvier.
M. Lévesque a avoué avoir déjà eu des discussions serrées avec le personnel du centre jeunesse quant à l'encadrement offert à sa fille, qui a multiplié les fugues de cet établissement.
 
«Dans la population, des gens pourraient se dire: "On sait ben, les policiers ont décidé de ne pas déposer un rapport d'enquête recommandant des accusations contre un ou des membres du personnel parce qu'ils n'aimaient pas M. Lévesque", explique Me Bertrand. Pour des motifs d'apparence, je crois toujours que cette enquête doit être transférée à un autre corps de police.»
L'avocat compte d'ailleurs envoyer une demande officielle de transfert d'enquête au ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, au cours des prochains jours.

En toute intégrité

Québec) lors qu'elle était sous la responsabilité du personnel du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches, une adolescente de 15 ans, Rébecca Lévesque, a succombé à une sévère infection sanguine qui aurait nécessité son hospitalisation.

Élisabeth Fleury
Le Soleil le 04 mars 2011
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/editoriaux/201103/03/01-4375874-en-toute-integrite.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4375922_article_POS1
Le plus troublant dans cette histoire, c'est que, selon les témoignages recueillis, Rébecca manifestait des symptômes évidents de septicémie le soir avant sa mort. Et que, malgré la gravité de son état, le personnel du centre n'a pas jugé bon de la conduire à l'hôpital.
Bien sûr, on ne connaît pas encore tous les détails des circonstances entourant la mort de Rébecca. Mais on peut se demander comment le centre jeunesse a pu manquer à ce point à son devoir de protection de l'adolescente.
Déjà, la police de Lévis a conclu à l'absence d'élément criminel dans cette affaire. Elle soumettra tout de même son rapport à un procureur de la Couronne, qui décidera s'il y a lieu ou non de porter des accusations (de négligence criminelle, par exemple). Le Bureau du coroner recevra aussi une copie du rapport.
 
L'ennui, c'est qu'un des porte-parole de la police de Lévis, le sergent Alain Gelly, siège aussi au conseil d'administration du centre jeunesse. Et que, jusqu'à mercredi, c'est lui qui était chargé des communications dans le dossier de Rébecca Lévesque.
Sans mettre en doute l'intégrité du sergent Gelly, il aurait été prudent de sa part de se tenir loin du dossier. À défaut de se retirer de lui-même, ses supérieurs auraient dû lui demander de le faire dès le 13 février, date du décès de l'adolescente.
Selon l'avocat du père de Rébecca, Me Jean-François Bertrand, le fait que le sergent Gelly soit membre à la fois de la police de Lévis et du conseil d'administration du centre jeunesse et qu'il ait, de surcroît, agi comme porte-parole dans le dossier de l'adolescente commande que l'enquête soit transférée à un autre corps de police pour éviter toute apparence de conflit d'intérêts. Un raisonnement qui se défend.
Mais il y a plus. Le père de Rébecca, Martin Lévesque, fait face à une accusation de menace de mort contre une employée du centre jeunesse déposée à la suite d'une enquête de la police de Lévis. Les faits reprochés à l'homme remontent à l'été dernier, alors que, selon son avocat, M. Lévesque s'inquiétait des fugues répétées de sa fille.
Le problème, c'est l'entrecroisement d'histoires mettant en scène les Lévesque, le personnel du centre jeunesse et la police de Lévis. Un enchevêtrement qui soulève des questions quant à l'intégrité ou à l'apparence d'intégrité du travail effectué par la police de Lévis sur le décès de Rébecca Lévesque. Et qui, combiné au problème du double chapeau du sergent Gelly, justifie que l'enquête soit confiée à un autre corps de police.
Cela ne signifie pas qu'un autre service de police arriverait à des conclusions différentes de celles de la police de Lévis. L'idée, c'est de préserver l'apparence d'impartialité. Il ne suffit pas qu'une enquête soit totalement impartiale; elle doit en avoir l'air.
L'intégrité ou l'apparence d'intégrité d'une enquête policière est d'autant importante dans un dossier comme celui de Rébecca Lévesque que c'est notamment à partir du rapport de police que le coroner mène son investigation et formule éventuellement des recommandations.
Évidemment, le coroner peut demander un complément d'enquête s'il estime que le travail des policiers est incomplet. Il peut même demander à un autre corps de police de faire le travail. Et déclencher une enquête publique s'il le croit utile.
S'il serait prématuré de juger maintenant de la pertinence de tenir une enquête publique, la nécessité de transférer l'enquête policière à un autre corps de police, elle, ne fait aucun doute.

Une liste d`imposteurs

Il serait peut-être intéressant de dresser une liste complète des membres de conseils d`administration de centres jeunesse pour tout le québec et je ne serais pas surpris d`y voir les noms de plusieurs juges et policiers, ainsi que certains journalistes comme Harold Gagné...cette mafia pense t`elle pouvoir nous berner indéfiniment ??

Autre lien

La liste des membres du conseil d`administration du centre jeunesse Chaudière-Appalache est disponible sur le site du ministere de la santé et des services sociaux
http://wpp01.msss.gouv.qc.ca/appl/M02/M07ConsMembCa.asp?noMsssPermEtab=11042751

Roy Marinelli veut des réponses rapidement

(Québec) La mairesse de Lévis, Danielle Roy Marinelli, espère obtenir des réponses rapidement sur le décès de Rébecca Lévesque survenu le 13 février dernier, au Centre jeunesse Chaudière-Appalaches situé à Lévis.

Matthieu Boivin
Le Soleil le 28 février 2011
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201102/27/01-4374487-deces-de-rebecca-levesque-roy-marinelli-veut-des-reponses-rapidement.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4374065_article_POS2
«Toute cette situation est dérangeante et inquiétante, a affirmé Mme Roy Marinelli, lorsque jointe au téléphone, hier matin. J'ai demandé à recevoir un topo de ce dossier-là. Avant que j'aie toutes les informations, je préfère n'émettre aucun autre commentaire sur le sujet.» La mairesse affirme qu'elle demandera en début de semaine à la direction générale de la Ville d'aller chercher un rapport de cette enquête à la police de Lévis. «On va peut-être être en mesure de m'éclairer leur de notre prochain comité exécutif, qui aura lieu mardi [demain].» Mme Roy Marinelli souhaite aussi en savoir davantage sur l'implication du relationniste de la police de Lévis, Alain Gelly, dans toute cette histoire. En plus d'être porte-parole de la police, M. Gelly siège au conseil d'administration du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches. Cette situation indispose assez l'avocat du père de Rébecca, Me Jean-François Bertrand, pour qu'il ait demandé à ce que l'enquête policière soit transférée à un autre corps de police.

Me Bertrand veut retirer l'enquête à la police de Lévis

(Québec) L'avocat Jean-François Bertrand demande à la police de Lévis de transférer l'enquête touchant le décès de Rébecca Lévesque, survenu au Centre jeunesse Chaudière-Appalaches, le 13 février dernier, à un autre corps de police.

Matthieu Boivin
Le Soleil le 28 février 2011
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201102/27/01-4374486-deces-de-rebecca-levesque-me-bertrand-veut-retirer-lenquete-a-la-police-de-levis.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4374065_article_POS1
Me Bertrand, qui représente le père de la victime, a fait cette demande, hier, après qu'il ait été révélé, vendredi dernier, que le porte-parole de la police de Lévis, Alain Gelly, est aussi membre du conseil d'administration du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches. C'est sous la responsabilité du personnel de cet établissement que l'adolescente a perdu la vie, à l'intérieur des murs du centre jeunesse où elle habitait.
Me Bertrand n'a aucune information comme quoi M. Gelly aurait pu tenter d'influencer, de quelque façon que ce soit, le ou les enquêteurs qui ont participé à cette enquête. Malgré tout, il estime qu'une apparence de conflit d'intérêts ne peut planer sur une enquête aussi importante.
«Dans ce dossier-là, il ne peut pas y avoir apparence de conflit d'intérêts, a-t-il souligné, lors d'une entrevue avec Le Soleil. Pour éviter toute apparence de conflit d'intérêts, il serait donc préférable que l'enquête soit transférée à un autre corps de police.»
 
Me Bertrand affirme que si sa requête est refusée par la direction de la police de Lévis, il formulera probablement une demande écrite en ce sens au ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil.
«Je vais sérieusement envisager d'écrire au ministre de la Sécurité publique si on refuse de transférer l'enquête. La famille de Rébecca a droit à une enquête totalement impartiale et qui a les apparences d'être totalement impartiale.»
La semaine dernière, M. Gelly a traité du dossier de Rébecca dans les médias, dans sa fonction de relationniste du corps de police.
M. Gelly a notamment indiqué que les enquêteurs n'avaient perçu aucun élément de négligence criminelle touchant l'intervention du personnel auprès de Rébecca Lévesque.
Joint samedi, le relationniste de la police de Lévis, Alain Gelly, ne voyait pas en quoi sa position comme membre du conseil d'administration du centre jeunesse pouvait influer de quelque façon que ce soit l'enquête policière de ses collègues.
«Moi, je n'ai accès à aucune information touchant l'enquête, je n'assiste pas au déroulement de l'enquête et je n'ai pas vu le rapport d'enquête, a-t-il martelé au Soleil. Tout ce que je fais, c'est de transmettre aux journalistes les informations que les enquêteurs m'ont transmises. Je ne suis pas du tout mal à l'aise de la position dans laquelle je me trouve.»
Page Web inaccessible
Malaise ou pas, il n'en demeure pas moins que la page présentant le nom des membres du conseil d'administration du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches, sur le site Internet de l'établissement, n'était pas accessible, vendredi après-midi, et elle ne l'est pas depuis. Le journaliste a surfé pendant quelques minutes sur ce site Web, sans trouver une autre page inaccessible.
Déjà, vendredi dernier, Me Bertrand avait exhorté les enquêteurs de la police de Lévis de rouvrir l'enquête touchant le décès de Rébecca. Le soir avant son décès, l'adolescente de 15 ans présentait de nombreux symptômes d'une personne malade, que ce soit vomissements, fièvre et maux de ventre. Le personnel du centre jeunesse n'a pas jugé bon de la transporter à l'hôpital. Rébecca est finalement décédée, le 13 février, d'une infection bactérienne sanguine.
L'avocat affirme que le tour de la question n'a pas pu être complété en moins de 10 jours d'enquête, alors que des investigations touchant de simples voies de fait peuvent parfois s'étirer sur plusieurs mois.
Me Bertrand espère aussi qu'une enquête publique du coroner sera déclenchée, afin de faire toute la lumière sur le décès de Rébecca Lévesque.
Un attaché de presse du ministre Dutil, Mathieu St-Pierre, a préféré ne pas émettre de commentaire sur l'exigence de l'avocat Bertrand. «On suit le dossier de près, mais à ce stade-ci, nous ne commenterons pas la demande du procureur.»

Le père de Rébecca demande une enquête publique

(Québec) La tête toujours remplie de nombreuses interrogations, Mar­tin Lévesque, le père de l'adolescente de 15 ans décédée dans un centre jeunesse de Lévis, exhorte le Bureau du coroner à déclencher une enquête publique sur la mort de sa fille.

 
Matthieu Boivin
Le Soleil
Publié le 25 février 2011
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201102/25/01-4374065-le-pere-de-rebecca-demande-une-enquete-publique.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4373000_article_POS7
M. Lévesque en a fait la demande officielle, vendredi, en compagnie de son avocat, Me Jean-François Bertrand, lors d'un point de presse. Une lettre a d'ailleurs été envoyée en ce sens au Bureau du coroner.
 
 
Rébecca est décédée, le 13 février dernier, des suites d'une sérieuse infection bactérienne au centre jeunesse où elle habitait. Le soir précédant sa mort, elle s'était plainte de maux de ventre persistants au personnel du centre jeunesse et elle aurait vomi à quelques reprises. La mère d'une amie de Rébecca qui logeait dans la même unité qu'elle au centre jeunesse Chaudière-Appalaches a confié au Soleil que l'adolescente était tellement mal en point, le soir avant sa mort, qu'elle ne reconnaissait plus ses amis et les intervenants du centre.
 
Or, il appert, selon les renseignements disponibles, que le personnel de l'établissement aurait renvoyé la jeune femme dans son lit, en lui donnant deux Tylenol, au cours de la soirée précédant son décès, au lieu de l'envoyer à l'hôpital. Le lendemain matin, Rébecca Lévesque était retrouvée morte dans son lit.
 
Me Bertrand se demande pourquoi on n'a pas agi «alors [que Rébecca] présentait dans les heures précédant son décès de nombreux symptômes qui auraient dû amener les autorités du centre jeunesse à l'amener à l'hôpital».
 
Des questions aux intervenants
 
Comme le centre jeunesse n'a toujours pas répondu aux nombreuses questions de M. Lévesque et comme il y a tout lieu de croire, selon Me Bertrand, qu'il y a eu des ratés dans l'encadrement offert à Rébecca, il est tout à fait opportun de déclencher une enquête publique du coroner. Une telle enquête permettrait notamment à Me Bertrand de contre-interroger les intervenants du centre qui ont travaillé auprès de Rébecca, dans les jours et les heures précédant sa mort.
 
«On veut aussi pouvoir challenger les réponses qui seront données», ajoute Me Bertrand.
 
Vendredi, l'avocat et le père ont aussi demandé aux enquêteurs de la police de Lévis de pousser plus loin leur enquête menée sur le décès de la jeune fille.
 
Me Bertrand estime qu'il est pertinent de se demander si un ou des membres du personnel n'auraient pas enfreint le Code criminel en ne portant pas assistance à une personne en danger. Me Bertrand a comparé cette situation à une personne qui serait témoin d'un accident grave impliquant un autre individu, et qui ne lui porterait pas assistance.
 
Me Bertrand avance qu'une enquête qui aura duré quelques jours n'est pas suffisante pour faire le tour de la question.
 
«Ce n'est manifestement pas suffisant. [...] C'est pas vrai qu'on va se contenter d'une procédure d'usage.»
 
Plus tard, il a ajouté : «S'il y a eu des manquements, eh bien que les gens répondent de leur manquement du point de vue criminel.»
 
Pas de négligence, selon la police
 
Pour sa part, la police de Lévis affirme que rien ne démontre qu'il y a eu négligence criminelle dans cette affaire.
 
«L'enquête est presque complétée et nous allons remettre le fruit de notre travail au coroner qui enquête, affirme Alain Gelly, porte-parole de la police de Lévis. De notre côté, on ne voit pas où le Code criminel pourrait s'appliquer ici.»
 
L'avocat Bertrand a d'ailleurs soutenu à la télévision de Radio-Canada que M. Gelly ne devrait pas traiter de cette cause puisqu'il est membre du conseil d'administration du centre jeunesse Chaudière-Appalaches.
 
Du côté du bureau du coroner, une source fiable affirme que «c'est sûr» que l'option de l'enquête publique sera étudiée. Par contre, cette même source rappelle que si le coroner Jean-Luc Malouin qui s'occupe du dossier est en mesure de bien expliquer ce qui s'est passé au centre jeunesse dans les heures précédant le décès de Rébecca, en incluant toutes les décisions prises par le personnel, la tenue d'une enquête publique ne sera peut-être pas nécessaire.
 
Me Bertrand a aussi indiqué, vendredi, que si les faits démontrent qu'il y a eu «négligence» de la part du personnel du centre jeunesse dans ce dossier, «c'est sûr qu'il va y avoir une poursuite civile intentée» contre cet établissement.

Rébecca

Rébecca est ma nièce. Cherchez sur le site du conseil d'administration et vous verrez que lorsque vous allez sous l'onglet "Membre du conseil" , il n'apparait plus rien, la page est vide.....Belle merde !

Encore une fois, l`affaire

Encore une fois, l`affaire est caractérisée par un manque flagrant de transparence de la part des forces policières...comme ce fût le cas dans l`affaire Francesca St-Pierre, cette autre martyre des camps de concentration jeunesse du Québec.
Et les bourreaux du centre jeunesse en question, poussent l`arrogance au point de faire accuser le père de harcèlement?? Non mais, ca na pas de bon sens de laisser ces assassins s`en sortir comme ca.

Le père de Rebecca Lévesque,

Le père de Rebecca Lévesque, trouvée morte il y a près de deux semaines au Centre jeunesse de Lévis, demande au bureau du coroner-en-chef qu'il mène une enquête publique sur les circonstances qui ont entouré le décès de sa fille.

Martin Lévesque demande également aux policiers de Lévis de mener une enquête plus approfondie et il n'écarte pas, ultimement, la possibilité de poursuite au civil.

Le père de Rebecca veut une enquête publique

TVA 25 février 2011

http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/archives/2011/02/20110225-172736.html

«Je ne peux pas répondre à beaucoup de questions parce que c'est seulement ce que j'ai, des questions. Je n'ai pas de réponses, explique Martin Lévesque, la gorge nouée par l'émotion. «Il ne faut pas que ça arrive à d'autres enfants. C'est pour ça qu'on veut avoir des réponses et que la population ait aussi ces réponses-là.»

Rebecca Lévesque

Morte de septicémie

L'adolescente a été trouvée inanimée vers 10 h 30, le dimanche 13 février, dans sa chambre du Centre jeunesse de Lévis. L'autopsie a jusqu'ici permis de constater qu'elle était morte d'une septicémie, une infection généralisée.

Or, il semble que, dès le mardi précédent, la jeune Rebecca se plaignait de maux de ventre. Et, le samedi soir, sa famille dit qu'elle souffrait de maux de ventre violents qu'elle était fiévreuse et qu'elle paraissait désorientée. Les autorités du Centre jeunesse lui auraient donné deux comprimés de Tylenol et lui auraient ordonné d'aller se coucher.

Le matin de son décès, vers 8 h 30, la grand-mère de Rebecca aurait téléphoné au Centre jeunesse pour prendre de ses nouvelles et on lui aurait répondu, sans vérifier, qu'elle dormait et qu'elle avait été malade. Or, selon l'autopsie elle serait morte vers 8 h 30.

«On est en 2011 et c'est inacceptable qu'un tel décès survienne dans un centre jeunesse, qui est là, en principe, pour protéger les enfants et les surveiller, de dire l'avocat de la famille, Me Jean-François Bertrand. Comment est-ce qu'on peut raisonnablement croire qu'un tel décès est survenu, alors qu'elle présentait, plusieurs heures avant son décès, de nombreux symptômes qui auaient normalement dû amener les autorités du Centre jeunesse à la conduire à l'hôpital?»

Relations tendues

L'affaire se complique du fait que les relations étaient tendues entre le Centre jeunesse de Lévis et la famille de l'adolescente.

Rebecca avait été placée volontairement au Centre jeunesse par son père. Or, Martin Lévesque et la grand-mère de l'adolescente contactaient régulièrement le Centre jeunesse pour prendre de ses nouvelles. Et, au fil du temps, les relations se sont dégradées avec le père au point où le ton aurait monté et où le Centre jeunesse a déposé une plainte au criminel pour harcèlement.

Voir le reportage vidéo : http://tvanouvelles.ca/video/803852278001/morte-au-centre-jeunesse-une-enquete-publique/

Le Centre jeunesse n'a voulu émettre aucun commentaire sur l'affaire.

Décès dans un centre jeunesse: la famille ne décolère pas

(Québec) Le Centre jeunesse Chaudière-Appalaches a beau avoir apporté, mardi, par communiqué, des «précisions» sur la mort de Rébecca Lévesque dans l'un de ses établissements le 13 février, sa sortie publique n'a rien pour calmer la famille de la victime. «Ils se câl... de moi, rage Martin Lévesque, on est tous assommés», dit-il au sujet des membres de sa famille.
Publié le 23 février 2011

Pierre-Olivier Fortin
Le Soleil
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201102/22/01-4373000-deces-dans-un-centre-jeunesse-la-famille-ne-decolere-pas.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4373001_article_POS1
«Je suis au même point, moi là! Ils ont fait un meeting aujourd'hui... Ils ont pris le temps de tout monter ça... Pis ils ne disent rien! fulmine le père de famille. Je ne me sens pas respecté.»
 
Le Centre jeunesse rappelle qu'une «revue de cas» a été amorcée «pour voir ce qui a été apporté comme soins dans la situation et verra à en dégager des zones d'amélioration, le cas échéant». 
 
Le communiqué insiste ensuite sur le fait que les intervenants du Centre consultent fréquemment leur service de santé à l'interne ainsi que les spécialistes d'Info-Santé, et que les responsables «accompagnent fréquemment, dans un centre hospitalier ou une clinique médicale, des jeunes qui ont différents symptômes».
 
«Ils m'enragent en disant : "On en prend soin comme de nos enfants", rétorque M. Lévesque. Rébecca est morte, et ils me disent qu'ils prennent soin des enfants de cette façon-là?» 
 
Il rappelle que sa fille n'a pas été conduite à l'hôpital malgré les sévères symptômes qu'elle manifestait le soir avant son décès. 
 
«Samedi soir, elle avait de la fièvre, elle vomissait, elle a manifesté aux autres petites filles qu'elle ne voyait pas bien, que son champ de vision était embrouillé sur les côtés. Les jeunes étaient inquiets parce qu'elle n'arrêtait pas de vomir, [...] et on parle de jeunes délinquants! Ça prend quoi pour qu'ils amènent un enfant à l'hôpital?»
 
En plus des jeunes, la mère et la grand-mère de Rébecca ont aussi manifesté leur inquiétude la veille et le matin de son décès, ajoute son père.
 
En appelant Info-Santé pour un enfant fiévreux, poursuit M. Lévesque, on recommande souvent aux parents de donner un bain tiède et de surveiller régulièrement sa température. «S'il ne va pas mieux, je vais l'amener à l'hôpital! Tout le monde sait ça! Mais les centres jeunesse, comment prennent-ils soin de nos enfants?»
 
Aide absente
Le communiqué du Centre jeunesse indique par ailleurs que les intervenants «sympathisent» avec la famille et qu'«un support a été offert aux parents de la jeune». C'est faux, répondent M. Lévesque et sa conjointe. 
 
«Le Centre jeunesse n'a jamais appelé chez nous, ils ne m'ont jamais offert de l'aide.» La porte-parole du Centre jeunesse, Geneviève Dion, refuse de commenter.
 
Dans tout le dossier, «si je pouvais vous en dire plus, ça mettrait beaucoup de choses en perspective, admet la porte-parole, mais je suis un peu limitée par la confidentialité». 
 
Le communiqué qu'elle a publié conclut en disant : «Bien que plusieurs informations aient été rendues publiques, le Centre jeunesse Chaudière-Appalaches invite la population à ne pas porter de jugement hâtif sur le sujet tant que toutes les conclusions du coroner ne seront pas connues. 
 
Il assure finalement la population qu'il collabore déjà et continuera à collaborer à l'investigation du coroner.»

Décès dans un centre jeunesse: «Préoccupant», juge le Ministère

(Québec) «C'est certain que c'est préoccupant», admet Louise Quintin, l'attachée de presse de la ministre déléguée à la Santé et aux Services sociaux, Dominique Viens, à la lumière des témoignages sur la mort de Rébecca Lévesque. Le Ministère est toutefois satisfait de la façon dont le Centre jeunesse Chaudière-Appalaches traite le dossier.

Pierre-Olivier Fortin
Le Soleil
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201102/22/01-4373001-deces-dans-un-centre-jeunesse-preoccupant-juge-le-ministere.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4373000_article_POS1
Ce n'est pas tous les jours qu'un centre jeunesse enclenche une «revue de cas», ce qui démontre, selon Mme Quintin, que l'organisme prend la chose au sérieux.
«L'important, c'est qu'une chose comme ça n'arrive plus. Mais ça ne veut pas dire que le Centre jeunesse est à blâmer. Encore aujourd'hui, on ne le sait pas», souligne l'attachée de presse.
Aux lendemains du drame, le Ministère a contacté le Centre jeunesse. «Ce qu'on voulait, c'était de savoir ce qu'ils allaient faire par rapport à ça.» Et les questions sont allées plus loin qu'un simple «bonjour, comment ça va, et qu'est-ce que vous faites», assure Mme Quintin, qui ne peut en dire plus pour des raisons de confidentialité.
 
 
«Il y a un travail qui est en train de se faire et il y a l'enquête du coroner; on va laisser travailler ces gens-là.»
C'est le coroner Jean-Luc Malouin qui a pris possession du dossier. Le rapport préliminaire d'autopsie, dont Le Soleil révélait l'essentiel, mardi, est entre ses mains. Par contre, la préparation du rapport final d'autopsie et l'analyse toxicologique prendront encore plusieurs semaines.
 
«Moi, je vais prendre connaissance du dossier, des déclarations de tous les gens impliqués, je vais refaire les dernières 24 heures de la victime, essayer de comprendre ce qui s'est passé et me faire une opinion», résume Me Malouin, qui estime avoir besoin de quatre à cinq mois pour compléter le travail.
L'un des premiers gestes du coroner sera de s'asseoir avec le responsable du dossier à la police de Lévis, qui vient de terminer son enquête.
«Cela s'est terminé avec des résultats [du rapport préliminaire d'autopsie] qui n'annonçaient rien de criminel au niveau de la personne», explique le porte-parole de la police de Lévis, François Bisson.

Rébecca Lévesque: une longue série de fugues

(Québec) Martin Lévesque a demandé l'aide des Centres jeunesse lorsque sa fille était âgée de huit ans. C'était un placement volontaire. Elle est retournée vivre chez son père et sa conjointe en décembre 2007.

L'adolescente a ensuite commencé à avoir des problèmes à l'école. «Elle s'était mise dans le trouble, elle voulait fuir», explique son père. Rébecca a été placée pendant 18 mois au Galion, un établissement aussi géré par les Centres jeunesse à Lévis. «Ç'a été super bien. On était super bien accompagnés.»

Pierre-Olivier Fortin
Le Soleil
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201102/22/01-4372660-rebecca-levesque-une-longue-serie-de-fugues.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4372657_article_POS3
 
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201102/22/01-4372660-rebecca-levesque-une-longue-serie-de-fugues.php
Au terme de ce long séjour, elle a été placée dans une nouvelle famille d'accueil à Lévis. C'est sous la garde de cette famille qu'a débuté, en 2009, une longue et éprouvante série de 14 fugues, raconte M. Lévesque. D'une fugue à l'autre, il était de plus en plus inquiet.
 
«Un moment donné, je leur disais: ma fille est en danger, faites de quoi, elle passe son temps à crisser son camp! On dort plus ici, je ne travaille plus!» Rébecca a d'ailleurs été agressée sexuellement pendant l'une de ses fugues, «parce qu'elle a glissé entre les mains des Centres jeunesse», s'insurge son père, documents à l'appui.
L'adolescente connaissait bien le système : «Ma fille faisait un peu ce qu'elle voulait», dit-il. Il a d'ailleurs tenté d'intervenir auprès du Centre, estimant que sa fille parvenait trop bien à manipuler le système et, par conséquent, manquait d'encadrement.
 
M. Lévesque vit actuellement avec sa conjointe, avec qui il a eu un enfant. Ils en attendent un deuxième.
 

Un coroner permanent poussera l'enquête plus loin

(Québec) Après avoir reçu les résultats de l'autopsie de Rébecca Lévesque et voyant toutes les questions que l'enquête pouvait soulever, le coroner Jean-Marc Picard a jugé que le dossier méritait une «investigation plus poussée».

Pierre-Olivier Fortin
Le Soleil
Publié le 22 février 2011
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201102/22/01-4372659-deces-de-rebecca-levesque-un-coroner-permanent-poussera-lenquete-plus-loin.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4372657_article_POS2
Il a donc transféré le dossier à un coroner permanent, Jean-Luc Malouin, qui est aussi avocat. Ce dernier sera en mesure d'enquêter «plus en profondeur», explique M. Picard, et aura l'autorité nécessaire pour interroger les personnes qui pourraient apporter un éclairage sur ce qui a pu se passer dans les heures et les jours qui ont précédé le décès de la jeune femme.
Car bien qu'on en sache un peu plus aujourd'hui sur ce qui a causé la mort de l'adolescente de 15 ans, ces réponses amènent d'autres questions. 
Par exemple, «qu'est-ce qui s'est passé dans la nuit? Qu'est-ce qu'il faut faire quand un cas est urgent? Qu'est-ce qui n'est pas déclenché chez ceux qui étaient de garde» cette nuit-là?, cite M. Picard parmi les questions que pourrait poser son confrère dans les prochaines semaines.
Le coroner, précise-t-il, «n'est pas là pour accuser personne, [mais bien] pour faire des recommandations pour ne pas qu'un tel événement se reproduise». Peut-être les intervenants du centre jeunesse ont-ils agi conformément au protocole en place, mais celui-ci poussera la réflexion sur la question «Est-ce qu'ils auraient pu faire autre chose?»
À l'hôpital
Rébecca Lévesque s'est rendue à l'hôpital pour des maux de ventre quatre jours avant son décès. Elle avait passé la journée avec sa mère avant de présenter les inquiétants symptômes décrits précédemment. Sa grand-mère s'était inquiétée de son état de santé et avait téléphoné au centre jeunesse le matin de son décès, mais la responsable lui avait assuré qu'elle dormait dans sa chambre.

Rébecca Lévesque morte d'une infection sanguine

(Québec) Rébecca Lévesque, la jeune femme de 15 ans retrouvée morte le 13 février dans un centre jeunesse de Lévis et dont le père se confiait dans nos pages, lundi, est décédée d'une septicémie, une sérieuse infection bactérienne dans le sang qui aurait nécessité son hospitalisation immédiate, confirme le coroner. Mais malgré les symptômes évidents manifestés par Rébecca le soir avant sa mort, les responsables du centre ne l'ont pas conduite à l'hôpital.

Pierre-Olivier Fortin
Le Soleil
Publié le 22 février 2011
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201102/22/01-4372657-rebecca-levesque-morte-dune-infection-sanguine.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4372659_article_POS1
Dans la plupart des cas, la septicémie se déclare après une infection urinaire qui se complique. «C'est une grosse maladie, on ne joue pas avec ça [...], c'est dans les ligues majeures», prévient le coroner Jean-Marc Picard.
«Tu ne gardes pas ça trois jours, tu t'en occupes tout de suite, sinon tu vas mourir.» Le traitement d'une septicémie nécessite l'administration d'antibiotiques à fortes doses par intraveineuse, précise le médecin coroner.
Est-il possible malgré tout que les symptômes de l'infection passent inaperçus? «Non! On est malade, le sang est infecté!» insiste-t-il. Par contre, la septicémie, «ça ne se diagnostique pas comme ça dans le salon chez vous... Tu pars, et tu t'en vas à l'hôpital avec.»
 
Il semble par ailleurs que les symptômes que présentait Rébecca Lévesque le soir avant sa mort étaient beaucoup plus sérieux que de simples maux de ventre, selon ce qu'une de ses copines, qui logeait dans la même unité, a confié à sa mère, dont nous taisons le nom afin de ne pas identifier son enfant.
«Elle avait des maux de tête, mal au coeur, elle vomissait, elle avait la diarrhée, elle faisait de la température, elle était bouillante juste au contact physique, elle avait la vision trouble», énumère la dame, qui rapporte les propos de sa fille.
«Plus ça allait, plus Rébecca se détériorait. Elle a même été jusqu'à ne plus reconnaître les intervenants, à ne plus reconnaître ma fille [que nous n'identifierons pas], à ne plus reconnaître les autres jeunes... Elle est venue comme mêlée. Comme si son cerveau commençait à lui jouer des tours.»
Sa fille était très inquiète de voir ainsi son amie. «Elle m'a dit qu'elle avait eu très peur, qu'elle était très angoissée. Elle a même dit aux intervenantes : "Vous devriez peut-être l'amener à l'hôpital, moi, je trouve qu'elle ne va vraiment pas bien", poursuit la dame. L'intervenante lui aurait dit : "C'est pas de tes affaires, retourne dans ta chambre, on va s'en occuper de Rébecca."»
Les sept jeunes femmes sont allées se coucher. «Elles ont juste entendu Rébecca qui se promenait dans l'unité pour aller vomir, pis retourner à sa chambre.»
Scandalisée
La mère de famille est scandalisée. «Moi, me semble qu'avec des symptômes comme ça, j'aurais pris l'enfant, pis je serais descendue à l'hôpital. Mais c'est pas ça qu'ils ont fait. Ils lui ont donné deux Tylenol et ils lui ont dit : "Rébecca, va te coucher, ça va passer."»
La dame est une amie d'enfance de Martin Lévesque, le père de Rébecca. Elle a posé de nombreuses questions aux intervenants du centre jeunesse, sans jamais avoir de réponse. Elle a été aussi intriguée, lundi, par le fait que les six jeunes femmes dans cette unité du centre jeunesse se sont vu prescrire des antibiotiques. Comme la femme savait que Rébecca était décédée à cause d'une bactérie, la nouvelle l'a terriblement inquiétée pour la santé de sa fille.
Le coroner Picard a voulu être rassurant. «Il n'y a personne dans le centre qui est en danger. C'est de la prévention qu'ils font actuellement, je suis d'accord avec ça.» En effet, précise-t-il, la septicémie n'est pas une infection contagieuse.
Martin Lévesque n'était pas courant, lundi, des causes du décès de Rébecca. C'est Le Soleil qui lui a transmis l'information. Il tenait à déplorer, par ailleurs, qu'il n'a reçu aucun appel du centre jeunesse depuis le décès de sa fille.

Le Centre de jeunesse de Lévis ne commentera pas le cas de Rébec

(Québec) Même avec le consentement du père, Martin Lévesque, les Centres jeunesse ne commenteront jamais le cas de Rébecca, par souci de confidentialité. Point à la ligne. Les seuls détails qui seront rendus publics viendront du coroner. La responsable des communications du Centre jeunesse Chaudière-Appalaches a toutefois accepté de discuter des façons de faire de son organisme en général. Des principes qui sont parfois très loin de correspondre à ce qui s'est passé dans le cas de Rébecca, à en croire les témoignages recueillis par Le Soleil.

Pierre-Olivier Fortin
Le Soleil
Publié le 22 février 2011
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201102/22/01-4372658-le-centre-de-jeunesse-de-levis-ne-commentera-pas-le-cas-de-rebecca-levesque.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4372659_article_POS2
«On compatit beaucoup à la douleur de la famille», tient à affirmer Geneviève Dion. «Nous-mêmes, on a beaucoup de questions. C'est une situation vraiment dramatique qui est arrivée. Les jeunes et le personnel sont aussi très atteints. À l'interne aussi, c'est quand même un événement qui bouleverse les gens.»
Le Centre jeunesse a amorcé une «revue de cas» à la suite du décès de Rébecca Lévesque. Le but de la démarche, poursuit-elle, est «de réviser tout ce qui a été fait, tout ce qui a été apporté comme soins dans la situation. De ça, on verra à en dégager des conclusions. Mais en même temps, il faut attendre aussi les résultats de l'autopsie qu'on ne connaît pas à ce moment-là». Les résultats, en effet, n'ont pas encore été transmis au Centre.
Interrogée sur la façon dont l'organisme compose avec ses pensionnaires lorsqu'ils sont malades, «on va faire comme tout bon parent ferait avec ses enfants», répond-elle. «Quant à la façon dont on a pris soin d'elle, on a pris ça au sérieux», avance la porte-parole, en faisant remarquer, toutefois, que les intervenants dans les centres «sont des personnes formées en relation d'aide, pas des médecins». Ainsi, on «réfère fréquemment à Info-Santé. Si on nous dit que ça prend des Tylenol, on le fait. [...] S'il faut aller à hôpital, on va y aller. C'est clair qu'on va faire ce qu'il faut».
 
 
Impossible de savoir
Impossible de savoir si les intervenants ont consulté pour Rébecca. Selon les témoignages du père et de l'amie de Rébecca, les intervenants l'auraient invitée à retourner se coucher avec deux Tylenol, et ce, malgré les maux de tête, les maux de ventre, les nausées, la fièvre, la vision trouble et la confusion qui avaient grandement inquiétés son amie, qui en avait d'ailleurs fait part aux intervenants.
Quant à l'appel logé au Centre par la grand-mère de Rébecca vers 8h30, ce qui correspond grosso modo à l'heure estimée de son décès, selon les informations obtenues par son père, impossible de savoir si les intervenants sont effectivement allés vérifier si elle se portait bien.
Sans parler de ce cas particulier, Mme Dion indique que «de façon générale, quand les familles appellent ici pour prendre de l'information sur leurs enfants, on va leur en donner». Qui plus est, lorsque c'est requis, «c'est sûr qu'on va aller vérifier comment les jeunes se sentent à intervalles réguliers [et] on peut prendre les signes vitaux à l'occasion».
Le Centre jeunesse entend collaborer à l'investigation du coroner et accueillir ses éventuelles recommandations. «On ne se cachera pas derrière un arbre, on est du genre à assumer nos responsabilités», conclut Mme Dion.

Les questions d'un père en deuil

(Québec) «Ç'a pas été facile. Les jambes m'ont manqué trois fois. J'ai pleuré de A à Z», confie Martin Lévesque, la voix tremblante, en parlant des funérailles de sa fille de 15 ans, Rébecca, célébrées la veille. C'est elle qui a été trouvée morte dans sa chambre au Centre Jeunesse Chaudière-Appalaches, le matin du 13 février. Dans la salle à manger de sa résidence de Lévis, à côté des bouquets de fleurs et des photos de l'adolescente souriante, le père de famille se questionne.
Pierre-Olivier Fortin
Le Soleil
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201102/21/01-4372293-sa-fille-de-15-ans-trouvee-morte-au-centre-jeunesse-les-questions-dun-pere-en-deuil.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=envoyer_cbp
«Je suis un parent qui cherche à comprendre, et à savoir aussi.» D'abord, il se demande de quoi sa fille est décédée, quand le premier rapport d'autopsie confirme qu'il ne s'agit ni d'une mort violente, ni d'un suicide, ni d'un problème cardiovasculaire.
L'autre question qu'il se pose, c'est pourquoi les responsables du centre n'ont pas pris davantage de précautions compte tenu de son état de santé. Quelques jours avant son décès, elle se plaignait de maux de ventre. «Elle a demandé d'aller à l'hôpital, elle ne se sentait pas bien. C'est dans la nuit de mardi à mercredi», relate M. Lévesque. Inquiet et incapable de dormir, il rappelle au Centre jeunesse pendant la nuit. «Est-ce qu'elle est revenue? Oui? Est-ce qu'elle va mieux? «Il faut rappeler demain matin», lui a-t-on répondu.
Rébecca se portait mieux, les jours suivants. Mais samedi, les maux de ventre ressurgissent. «Elle s'est levée, elle a mangé une toast, et elle a dit aux autres : "Je vais retourner me coucher, je feel pas".» Il lui était permis de sortir cet après-midi-là. «Sa mère venait la chercher pour une sortie, et Rébecca, ses sorties, elle y tient», insiste son père. Comme elle ne se sentait vraiment pas bien, elle aurait demandé à sa mère de retourner au centre avant l'heure prévue. Un signe que son état était vraiment sérieux, selon M. Lévesque, qui était le seul tuteur légal de Rébecca.
 
En soirée, la grand-mère de Rébecca s'inquiète à son tour. Elle lui aurait parlé au téléphone, vers 21h30. «Grand-maman je feel vraiment pas, j'ai mal au ventre, je fais de la température», lui aurait-elle dit, relate son père. Elle incite la jeune fille à en parler aux intervenants du centre. Ces derniers lui auraient donné deux Tylenol et lui auraient demandé de retourner se coucher. Le lendemain, à 8h30, la grand-mère rappelle. «Instinctivement on répond : "Rébecca est couchée et elle dort. Et elle a été malade"», cite M. Lévesque.
Le corps inanimé de Rébecca Lévesque a été trouvé dans sa chambre vers 10h30, à la levée du couvre-feu. «À 10h45, le téléphone sonne ici : "Bonjour monsieur c'est le Centre jeunesse à Lauzon. Présentez-vous à l'Hôtel-Dieu de Lévis, c'est urgent, votre fille n'avait plus de signes vitaux ce matin.»
À l'hôpital, la famille se rend dans un local. Le médecin entre. «Rébecca est décédée.» On sent que M. Lévesque se retient pour ne pas éclater en sanglots. «Moi, je suis tombé par terre.»
En appelant sa mère, c'est le deuxième choc pour lui. «J'ai appelé le matin à 8h30! Ils m'ont dit qu'elle dormait! Gang de menteurs! Elle était peut-être vivante!», s'écrie la grand-mère de Rébecca au téléphone avec son fils.
«On travaille très bien»
Le Soleil a pu s'entretenir brièvement avec l'intervenante qui était de garde au Centre Jeunesse, dimancher soir. «Si vous recevez l'appel d'un parent inquiet à n'importe quelle heure, vous demandant d'aller vérifier l'état de santé de son enfant, allez vous vérifier?» a demandé Le Soleil. «On travaille très bien. On est tous des professionnels et on s'assure de la sécurité de nos enfants», a répondu la dame au bout du fil, avant de mentionner poliment qu'elle allait raccrocher.
Martin Lévesque n'a pas caché avoir haussé le ton à plusieurs reprises lors de discussions avec les intervenants du Centre jeunesse, et ce, durant les mois précédant la mort de sa fille. Il fait actuellement face à des accusations de menaces de mort et de harcèlement.
M. Lévesque a expliqué au Soleil qu'en 2010, sa fille avait fait pas moins de 13 fugues. Son comportement la «mettait en danger», selon lui, ce qui fait que son inquiétude grandissait d'une fugue à l'autre. Il était par ailleurs insatisfait de la façon dont le Centre s'y prenait pour encadrer sa fille et pour éviter qu'elle ne fugue de nouveau

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