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Faudra-t-il kidnapper mon neveu?

(La Tuque) L'histoire d'un jeune garçon, sous la protection de l'État jusqu'à son 18e anniversaire, soulève les passions ces jours-ci dans la communauté atikamekw de Wemotaci. L'enfant serait victime de négligence au sein de sa famille d'accueil à La Tuque selon des membres de sa famille qui tentent d'obtenir sa garde. Et ils sont prêts à tout pour l'avoir.    
 
 

Gabriel Delisle
le 22 mars 2011
http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/faits-divers/201103/22/01-4381759-faudra-t-il-kidnapper-mon-neveu.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4382628_article_POS1
Si bien que sa grand-mère ainsi que sa tante se sont fait arrêter par la Sûreté du Québec vendredi alors qu'elles tentaient de prendre des photographies du jeune garçon pour prouver leurs allégations de mauvais traitements et de racisme. Les deux femmes ont été appréhendées par la police et pourraient faire face à des accusations d'enlèvement d'un enfant.
«Notre arrestation a été un mal pour un bien. Je remercie la personne qui a porté plainte disant que deux femmes voulaient enlever un enfant. Ça ne peut que nous aider compte tenu de la lenteur du système!» a écrit la tante du jeune garçon hier sur la page Facebook du groupe qui a été créé afin de parler de la situation du garçon et qui compte déjà plus de 1100 membres. Les parents du garçon n'ont plus la garde légale de l'enfant depuis plus d'un an.
«J'irai jusqu'au bout de mes convictions, je suis prête à y laisser ma peau, s'il faut rapatrier un enfant à la fois au nom de tous ceux qui rêvent un jour de revoir leurs parents ou leur famille immédiate», a aussi publié sa grand-mère en réponse à son arrestation.
 
Comparution le 16 mai
Les deux femmes comparaîtront le 16 mai prochain au palais de justice de La Tuque. D'ici là, les enquêteurs de la SQ étudient le dossier. «L'enquête est toujours ouverte. Il est toutefois trop tôt pour déterminer si elles feront face à des accusations», explique le porte-parole de la SQ, le sergent Louis-Philippe Ruel.
Un appel à la manifestation a d'ailleurs été lancé pour cette journée afin de dénoncer ce qu'elles considèrent être des abus de la Loi sur la protection de la jeunesse et des services sociaux responsables de sa mise en application.
La plus jeune des deux femmes a expliqué avant son arrestation la semaine dernière, en entrevue au journal Le Nouvelliste, les raisons qui les poussent, elle et sa mère, à demander au tribunal la garde de l'enfant. Elle n'excluait pas, à ce moment, d'aller elle-même chercher le jeune garçon pour le ramener à Wemotaci.
«Si l'injonction ne fonctionne pas, faudra-t-il kidnapper mon neveu et aller le cacher sur la communauté? La SQ et la Direction de la protection de la jeunesse sont des systèmes provinciaux alors que nous, nous sommes de juridiction fédérale», disait-elle croyant que le statut de réserve autochtone la protège contre d'éventuelles accusations criminelles. Elle a d'ailleurs publié sur le site Facebook un commentaire similaire.
Victime de négligence?
«Je n'ose pas trop le dire, mais si ça ne marche pas nous allons devoir aller le chercher», a-t-elle ajouté.
Les deux femmes sont convaincues que leur petit-fils et neveu est victime de négligence. Elles tentent depuis des semaines de faire entendre leurs craintes auprès de l'autorité concernée. «On nous demande toujours si nous avons des preuves directes. Ce que nous n'avons pas», explique une des deux femmes.
C'est d'ailleurs ce manque de preuves directes qui a poussé la mère et la fille à aller prendre des photos du jeune garçon à la sortie de l'école vendredi. «On nous dit toujours que le dossier n'est pas assez urgent, pas assez grave et que nous n'avons pas de preuves», lance l'une d'elles.
Les deux femmes soutiennent avoir voulu prendre des photographies qui démontreraient qu'il est victime de négligence. C'est à ce moment que des agents de la SQ les ont interpellées. Les deux femmes ont finalement été relâchées très tôt samedi matin.
Selon elles, la famille d'accueil nommerait le jeune garçon «le sauvage» plutôt que par son nom. «Elle dénigre ses origines autochtones. Elle ne veut pas que les enfants atikamekws parlent leur langue maternelle», affirme la tante du jeune garçon.
L'histoire de cet enfant soulève littéralement les passions. Déjà, 200 personnes ont signé une pétition via le groupe sur Facebook qui demande le retrait de l'enfant de sa famille d'accueil. Des messages d'encouragement destinés aux deux femmes fusent de toutes parts, particulièrement depuis leur arrestation de vendredi dernier.

Placement des enfants autochtones: c'est à un juge de décider

(La Tuque) Le Centre jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec a réagi mercredi à l'histoire du jeune garçon atikamekw placé dans une famille d'accueil à La Tuque qui soulève les passions à Wemotaci.

Gabriel Delisle
Le Nouvelliste le 24 mars 2011

http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/vie-regionale/haute-mauricie/20...

Prêtes à tout pour obtenir sa garde, la grand-mère et la tante de l'enfant se sont fait arrêter vendredi dernier alors qu'elles tentaient de prendre des photographies du garçon à la sortie de l'école, car elles sont convaincues qu'il est victime de négligence et de racisme. Elles pourront faire face à d'éventuelles accusations de tentative d'enlèvement d'enfant.

Bien qu'il ne soit aucunement question du cas de l'enfant en question, par souci de protection de la vie privée, le Centre jeunesse rappelle dans son communiqué de presse qu'il n'appartient qu'à un juge de déterminer si la sécurité ou le développement de l'enfant est compromis et ainsi ordonner les mesures d'aide et de protection nécessaires, dont l'hébergement en famille d'accueil.

«La décision de placement est prise avec beaucoup de précautions et seulement en présence de motifs suffisants. C'est pourquoi, avant de placer un jeune, on s'assure d'abord d'avoir exploré tous les moyens permettant de laisser le jeune dans son milieu naturel», affirme par voie de communiqué Serge Bisaillon, directeur général du Centre jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Le Centre jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec compte parmi ses collaborateurs plus de 500 familles d'accueil qui participent à sa mission. «Ces ressources ont été accréditées à la suite d'une évaluation rigoureuse de leur situation personnelle, sociale, familiale et financière par le Centre jeunesse», précise M. Bisaillon. «Chacune d'elles est réévaluée régulièrement. Elles reçoivent de la formation nécessaire à l'exécution de leur mandat afin de bien répondre aux besoins des enfants et elles sont accompagnées par un intervenant aux ressources qui voit à bien les supporter dans leur rôle.»

Depuis plusieurs années, le Conseil de la Nation atikamekw (CNA) collabore avec le Centre jeunesse et la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) pour assurer la protection des jeunes autochtones vivants à la fois sur et hors des réserves.

«Cette entente fait en sorte que toute nouvelle situation soumise à l'attention des services sociaux atikamekws ou à la DPJ concernant un enfant ou un jeune Atikamekw, peut être traitée par le Système d'intervention d'autorité atikamekw (SIAA)», explique également le communiqué du Centre jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Par ailleurs, le Centre jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec souligne en terminant que la Loi sur la protection de la jeunesse prévoit un mécanisme permettant à toutes les parties de saisir le Tribunal afin de demander la révision de la situation d'un enfant advenant la présence de motifs raisonnables.

De plus, si un usager est insatisfait des services du Centre jeunesse celui-ci est invité par l'organisme à communiquer avec le commissaire local aux plaintes et à la qualité des services.

 

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