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La prévalence importante des troubles mentaux et du comportement affectant les adolescents violents est de mieux en mieux documentée. Les études indiquent que des taux très importants de morbidité psychiatrique affectent la population des jeunes délinquants incarcérés (Vincent et Grisso, 2005). À ce sujet, Teplin, Abram, McClelland, Dulcan et Mericle (2002) mentionnent que près de 60 % de ces jeunes présentent les critères diagnostiques liés à au moins un trouble psychiatrique, même en excluant le trouble des conduites. Pour leur part, Goldstein, Olubadewo, Redding et Lexcen (2005) considèrent la santé mentale des jeunes délinquants comme un « facteur de risque » négligé en délinquance juvénile.
Danielle Nadeau, Ph.D. (psy), LL.B.[1]
Psychologue-chercheure, Centre jeunesse de Québec – Institut universitaire, 2915, avenue du Bourg-Royal, Québec, Canada G1C 3S2
http://www.erudit.org/revue/pv/2009/v9/n1/038868ar.html
Sur le plan des différences liées au genre, les travaux de Moretti et Odgers (2002) et Moretti et al. (2005) suggèrent que les filles pourraient être plus sensibles au fait d’avoir été elles-mêmes victimes de violence, entre autres sexuelle. Moretti et Odgers (2002) rapportent en effet des taux d’abus sexuel variant de 45 % à 75 % chez les femmes incarcérées alors que ces taux varieraient de 2 % à 11 % chez les hommes. Certaines études questionnent des facteurs liés à la réponse sociale fournie par les services de protection de l’enfance qui entraîne souvent, pour les filles, une brisure du lien avec les figures d’attachement. Quoi qu'il en soit, la relation entre l’agir violent et les troubles mentaux et du comportement chez les adolescents comme chez les adultes est complexe et procède de causes multiples. Il est connu, par exemple, que les troubles anxieux peuvent contribuer à amoindrir l’expression de la violence réactive chez un individu. Cette proposition ne se vérifie toutefois pas en ce qui a trait au syndrome de stress post-traumatique, lequel pourra, au contraire, contribuer à son augmentation (Borum et Verhaagen, 2006).
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Concernant les jeunes violents, il existe des données descriptives, de même que des instruments ou protocoles d’évaluation de la dangerosité validés (ex. : Frick et Hare, 2004; Borum et Verhaagen, 2006). Ces travaux sur l’évaluation du risque concernent cependant surtout la population délinquante. Les efforts semblent plutôt concentrés sur le contrôle et la prédiction de l’agir violent, mais beaucoup moins sur les pratiques d’intervention au profit des jeunes les plus affectés, soit ceux en besoin de protection sociale et présentant un trouble mental.